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mercredi 4 février 2009

Joyeux anniversaire Jean-Louis Tripp !

Jean-Louis Tripp célèbre aujourd’hui ses 51 ans. Cet auteur complet s’est offert une nouvelle jeunesse à Montréal en compagnie de Régis Loisel à qui il a proposé une saga à quatre mains, Magasin Général, une sublime série au cœur d’un petit village du Québec, peu après la Première Guerre mondiale. On pourrait résumer en trois périodes sa carrière.

Originaire de Montauban, Jean-Louis Tripp débute à Métal Hurlant en 1977
. Son premier album est le Boeuf n'était pas Mode publié en 1978 chez Transit. Sa ligne devient assez claire à partir de 1982 chez Futuropolis et Milan (les aventures de Jacques Gallard). Signalons que Soviet Zig-Zag, T.2 de Jacques Gallard (scénario de Marc Barcelo), a remporté en 1987 le Prix Bloody Mary, ancêtre du Grand Prix de la Critique !

Il y a vingt ans, il décide de faire une pause BD et se consacre à d’autres modes d’expression, la peinture, la sculpture, mais aussi au mobilier et aux fresques en mosaïques. Il n’abandonne pas pour autant le dessin d’illustration de livres pour enfants comme Fredo Mercurio, de presse magazine et se lance dans le story-board.


Finalement,
il retrouve le plaisir de la BD aux côtés de Didier Tronchet avec qui il réalise en 2002 le Nouveau Jean-Claude. Fin 2003, il signe aussi « une comédie socio-urbanico-bucolo-sentimentale » dans l'album collectif Correspondances aux côtés de Charles Berberian, Max Cabanes, Jean-Claude Denis et Philippe Dupuy. La même année, il obtient un poste de professeur sur la BD à l’université du Québec en Outaouais (à Ottawa).


S’installant à Montréal,
il partage l’atelier de Régis Loisel à qui il propose un projet fou : écrire et dessiner une histoire ensemble. Voici un extrait d’une interview que j’ai réalisée avec Brieg F. Haslé en fin d'année dernière à ce sujet. « Quand j’ai commencé à travailler dans l’atelier de Régis, lui finissait l’encrage du dernier Peter Pan et moi Paroles d’anges, j’ai fait le constat qu’on était complémentaires. Ce que lui n’aime pas faire, c'est-à-dire finir ses planches, moi j’adore le faire. Quand je lui ai proposé cette collaboration, je lui ai dit qu’il allait faire ce qu’il aime et moi j’allais me charger de ce qu’il n’aime pas. Mais dans l’autre sens, lui allait se charger de ce que je n’aime pas et moi j’allais faire ce que j’aime. Donc en fait, c’est un paradoxe, on se sert la soupe l’un l’autre et en même temps on se sert l’un de l’autre. Moi je me sers de Régis pour faire ce que j’aime faire dans la BD, aller chercher les ambiances, l’émotion par autre chose que par la forme, plus par l’ambiance, le trait, la vibration. Et donc par cette saine manipulation chacun des deux ne perd pas son âme car chacun des deux fait entièrement ce qu’il aime faire. Régis avait trouvé une formule au début : "100% de Loisel et 100% de Tripp, il faut que cela fasse 300% de Magasin Général." »


Jean-Louis Tripp a en vingt ans beaucoup fait évoluer son
style très travaillé, et d’une rare expressivité. Le succès est au rendez-vous et la série initialement prévue en 3 tomes se dirige vers une saga en 7 tomes. Auteur d’une grande sensibilité, Jean-Louis Tripp n’hésite pas à aborder des thèmes encore tabous dans la bd comme l’homosexualité. Outre la poursuite de Magasin Général, il a d’autres projets avec Régis Loisel que je me suis engagé à taire avant que cela soit lancé. Assurément le duo se porte bien. Pour notre plus grand bonheur. Je te souhaite un excellent anniversaire Jean-Louis !
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Photo © Manuel F. Picaud / Auracan.com - merci à Jean-Louis et Brieg pour leurs additions et corrections.
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