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jeudi 1 octobre 2009

Table ronde sur la Grande Guerre et la BD

Troisième épisode sur les activités BD de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne. Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, et parallèlement à son exposition Mobilisation Générale ! 14-18 dans la bande dessinée, le musée de la guerre 14-18 a organisé un débat sur "dessiner et raconter la Première Guerre mondiale". J’étais dans la salle. Témoignages.

Samedi 19 septembre, jour européen du Patrimoine, les visiteurs de l’Historial pouvait écouter dans l’enceinte du musée une conférence sur la Grande Guerre en BD. Elle était animée par Jean-Christophe Ogier, président de l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée (ACBD) qui est resté debout pendant une heure et demi. Face à lui, assis confortablement, participaient trois auteurs Philippe Bonifay, Jean-Pierre Gibrat et Bruno Le Floc’h qui ont évoqué la der des ders dans leurs albums respectivement Zoo, Matteo et Une Après-midi d’été. Un public malheureusement peu nombreux (une cinquantaine de personnes) a pu apprécier les échanges dans la bonne humeur des auteurs interviewés par le journaliste chroniqueur BD à France Info. Il pouvait comprendre que l’intérêt porté par les trois hommes étaient liés aux histoires racontées ou justement pas racontées dans la famille, un arrière grand-père ou un grand père .

Philippe Bonifay qui prépare un quatrième tome de Zoo avec Frank Pé a insisté sur son rôle d’auteur et non d’historien en rappelant le mot de Cocteau : « je raconte une histoire ; je laisse le soin aux historiens de raconter l’Histoire ! » et d’ajouter qu’on n’a pas besoin d’avoir un point de vue d’historien pour raconter une histoire et qu’il n’entend pas faire un reportage mais avoir un discours d’auteur autour de ses personnages qui vivent l’horreur. Jean-Pierre Gibrat a expliqué comment il a essayé de ne pas esthétiser son dessin en évoquant cette période. « La guerre n’appartient qu’à ceux qui l’ont vécu. » Il a essayé de se concentrer sur la peur : « le cerveau était broyé par la trouille ! » Il avoue ne pas comprendre comment les hommes ont pu supporter cet enfer sans se révolter ou si peu. Pour ces auteurs, il est difficile d’éviter la tranchée pour évoquer cette période tant elle est symbolique. Bruno Le Floc’h estime que les lecteurs s’y retrouvent car la tranchée caractérise 14-18. Et pour tous, il n’est pas aisé de rire de ce drame. En revanche, il existe une documentation importante pour approcher la réalité, en particulier des correspondances quotidiennes (13 millions de lettres par jour !).

Jean-Pierre Gibrat, Philippe Bonifay et Bruno Le Floc’h

Avec 50 albums publiés sur les 14 dernières années sur la Première Guerre mondiale, on peut parler d’une mode qui s’explique sans doute par le fait que ce conflit qui devait être le dernier est en fait la mère de tous les conflits tout aussi sanglants qui lui ont succédé tout long du 20e siècle.
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Exposition Mobilisation Générale !
14-18 dans la bande dessinée du 18 septembre au 13 décembre 2009 – entrée libre tous les jours de 10h00 à 18h00 – Historial de la Grande Guerre de Péronne
Photos © Manuel F. Picaud / Auracan.com
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