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mardi 1 décembre 2009

Collection BD : Coup de projecteur sur Rivages/Casterman/Noir (épisode 2/6)

Toute la difficulté de l’exercice de la Conférence sur la Collection Rivages/Casterman/Noir au festival bd BOUM de Blois résidait dans le respect des horaires et l’équilibre de parole entre tous les intervenants sans survoler le sujet. Chacun avait droit à des questions personnalisées.

La rencontre d’un auteur et d’une œuvre…


Même si les animateurs de la collection attestent qu’ils jouent un rôle sur le choix des adaptations – François Guérif tenait par exemple à des premiers albums adaptés de grands auteurs américains emblématiques de la collection –
le choix est bel et bien celui de l’auteur de bande dessinée avant tout. François Guérif, Laetitia Lehmann et Matz jouent les consultants. Il ne s’agit pas de commande mais une rencontre entre un auteur et une œuvre. Gabriel Germain a eu un parcours étonnant. Il avait contacté Jean-Hugues Oppel alors qu’il avait entamé l’adaptation de sa nouvelle, Brouillard au pont de Bihac. C’est ce dernier qui l’a orienté vers Casterman qui l’a inclus dans la collection après avoir été séduit par son graphisme. Joe G. Pinelli était un lecteur de la collection Rivages/Noir et s’est laissé convaincre d’adapter Marc Behm avec un autre auteur de la collection Jean-Hugues Oppel. Pour Jacques de Loustal, cette collection était aussi l’occasion de se replonger dans l’univers américain et du polar noir qu’il affectionne. Cela ne signifie pas que tous les romans soient adaptables. Loustal a choisi une nouvelle de 20 pages dont il a fait un roman graphique de 80 planches où son style lumineux empreint d’une certaine distance peut s’insérer. Si on peut s’étonner que des auteurs qui savent raconter leur propre histoire choisisse d’adapter un roman, Christian De Metter répond que l’adaptation est une véritable création à partir d’une œuvre et souligne que Shutter Island correspond aux ambiances sombres des années 60 qu’il aime traduire en BD.


Les étapes de l’adaptation

Jacques de Loustal avait d’abord refusé de réaliser un projet en croyant qu’il fallait qu’il soit mené avec un adaptateur. En réalité l’option est libre. De Metter et Loustal s’en sont chargés eux-mêmes, tandis que Miles Hyman ou Joe Pinelli réalisait leur adaptation avec l’auteur lui-même ou un adaptateur. Gabriel Germain a bénéficié des conseils de l’auteur des nouvelles adaptées. Le résultat montre l’influence des auteurs BD qui choisissent une partie de l’œuvre comme Loustal qui a retenu la nouvelle Avant Gwen ou tentent de rendre plus clair la chute comme dans Shutter Island. Côté forme, le roman graphique en un format plus épais mais plus petit qu’un album classique permet d’innover. Loustal a choisi essentiellement deux cases par planche telles un écran de cinéma quand Joe G. Pinelli a innové en chevauchant les scènes et en se rapprochant davantage d’un roman illustré. Miles Hyman trouve que l’écriture BD classique correspondait bien à Nuit de Fureur. La mise en couleurs trouve aussi toute sa liberté entre l’option noir et blanc de Gabriel Germain aux couleurs lumineuses de Loustal en passant par les couleurs sombres de Christian De Metter ou fondues de Joe G. Pinelli ou Miles Hyman. Même liberté sur les dialogues entre la voix off, les dialogues ou un mix des deux. Finalement tous s’accordent sur la réalisation d’une œuvre vraiment originale et s’offusquent même qu’on s’interroge encore lorsque la BD pratique l’adaptation littéraire alors que le cinéma le fait depuis des années.

Suite demain...

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Photo Manuel F. Picaud - Gabriel Germain et Christian De Metter © bd BOUM

Photos Gabriel Germain, Joe G. Pinelli et Christian De Metter en haut à droite - Christian De Metter, Loustal et Miles Hyman en bas à gauche © Manuel F. Picaud / Auracan.com
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