samedi 28 février 2009

Valse avec Bachir couronné aux Césars 2009

L’émouvant film d’animation Valse avec Bachir de l’Israélien Ari Folman avait accumulé deux revers : ni Palme au Festival de Cannes, ni Oscar à Hollywood. Après avoir obtenu un Golden Globe à Beverly Hills en janvier, il vient de se voir couronné meilleur film étranger lors de la cérémonie des Césars ce vendredi 27 février. Rencontre avec le cinéaste, scénariste et réalisateur, lors de son récent passage à Paris.

La tournée de promotion du film Valse avec Bachir avait mal commencé à Cannes en mai dernier. Malgré d’excellentes critiques, aucune mention pour le documentaire animé réalisé sur le massacre de Sabra et Chatila au Liban en 1982. Neuf mois plus tard, la tournée vient de s’achever en fanfares au Théâtre du Châtelet à Paris pour la 34e soirée de remise des Césars, retransmise par Canal+ et animée par Antoine De Caunes. L’avant-veille, Ari Folman rencontrait la presse dans les locaux d’Arte, fier coproducteur de ce film d’exception. Auracan.com, en l'occurence votre serviteur, était présent.

Avec un brin d’humour, Ari Folman commençait par remercier la nation française qui lui a montré comment être « un bon perdant » à Cannes où il n’a pas été primé. Et même d’ajouter : « fort de cet apprentissage, j’ai pu m’en servir dimanche aux Oscars ; il y avait ce sentiment de ‘déjà vu’ et cela s’est bien passé ! […] Tout le monde pensait que le film ferait des miracles, mais non ! Cela dit, cela n’a pas beaucoup changé ma vie, ni celle du film. C’est un peu frustrant mais pas si grave que cela ! ». Après ces deux échecs, Ari Folman abordait donc les Césars avec humilité : « Je suis déjà content d’être finaliste, mais face aux brillants concurrents qui méritent le respect, c’est un grand honneur de se retrouver avec des pointures pareilles.. » Finalement c’est quand on ne s’y attend plus que la récompense arrive ! Le film est consacré "meilleur film étranger" par l’Académie des Césars. Et devant les caméras de Canal +, Ari Folman laissait exprimer sa joie, délivrant un message humaniste et dédiant son prix à la paix : « soyez tolérants ! croyez aux autres ! Répandez l’amour et la paix ! »

Devant Jérôme Clément, PDG d’Arte et Serge Lalou autre coproducteur, Ari Folman avait raconté l’avant-veille la genèse du film avec simplicité. Au démarrage, il disposait de 80.000 $ de budget et un extrait de trois minutes d’animation. Il fit une rencontre déterminante au Festival international de cinéma de Toronto. Pierre Merle, Chargé de Programmes Coproductions d’Arte France lui signifia son enthousiasme. Et le film put se faire pour un budget de deux millions de dollars, contre près de dix millions pour le film Persépolis... En France, plus de 500.000 personnes ont vu le film, diffusé par ailleurs dans de nombreux pays dans le monde, y compris le monde arabe. Le DVD sort d’ailleurs le 4 mars. Ari Folman explique le succès relatif du film en France par l’engouement du public pour le roman graphique et la bande dessinée.

Peut-être est-ce l'une des raisons qui a décidé Ari Folman et le directeur artistique David Polonsky à adapter leur film en bande dessinée. A la fin de l’ouvrage très réussi, paru en coédition avec Casterman - voir la chronique - ce dernier raconte comment s’est réalisée cette transformation finalement moins évidente qu’il n’y paraît à première vue. Ari Folman raconte : « ce n’était pas simple mais assez naturel car on revenait aux sources implicites du film. » Peut-être même l’album permet-il une émotion différente car en l’absence d’animation et de bande son, « le lecteur est obligé de s’impliquer davantage, à réfléchir un peu plus à ce qu’il voit, que dans une salle de cinéma. Le spectateur réfléchit souvent seulement à la sortie du film sur ce qu’il a vu. »


Un autre projet de film d’animation pour adultes est déjà à l’étude avec Arte et pourrait bien utiliser les mêmes ingrédients qui ont fait le succès de ce premier documentaire animé. A suivre…
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Photo Ari Folman dans les locaux d’Arte © Manuel F. Picaud / Auracan.com

Extraits album Valse avec Bachir © Ari Folman - David Polonsky / Casterman - Arte - France Inter

Joyeux anniversaire Daniel Bardet !

Scénariste français de BD historiques renommé, Daniel Bardet fête aujourd’hui ses 66 ans. Sa série emblématique reste les Chemins de Malefosse qui se poursuivent toujours chez Glénat.


Véritable érudit, Daniel Bardet couvre plusieurs périodes de l’Histoire. Il démarre avec le XVIe siècle en lançant la série les Chemins de Malefosse en 1982 (17 épisodes dessinés par François Dermaut puis depuis le T.13 par Brice Goepfert). Il poursuit sur le XIXe siècle avec la Chronique de la Maison Le Quéant dessiné par Patrick Jusseaume (7 tomes de 1985 à 1997), le XVIIIe siècle avec Timon des Blés dessiné par Erik Arnoux puis Elie Klimos (8 tomes de 1986 à 1995). Il signera également le Boche, une saga en 9 tomes (1990-2002) sur le début du XXe siècle avec les frères Éric et Jean-Marc Stalner, puis Stéphane Boutel.

Plus récemment, il écrit deux séries policières sur fond historique : Docteur Monge avec Eric Chabbert puis Michel Janvier (6 tomes de 1998 à 2006) et le Maître de pierre avec Jean-Marc Stalner (4 tomes de 2001 à 2006). Dernièrement, il adapte pour Adonis, et sa collection Romans de toujours, plusieurs chefs d’œuvres de la littérature : les Contes des mille et une nuits avec Nawa, Madame Bovary avec Michel Janvier. Dans cette collection, l’adaptation des Misérables avec Bernard Capo n’est pas encore annoncée pour 2009. Glénat n’ayant pas souhaité poursuivre Docteur Monge, un quotidien du Centre prévoit de le publier ce printemps. Le T.18 des Chemins de Malefosse est attendu en fin d’année 2009.

Daniel Bardet rencontre régulièrement son public.
Les prochains rendez-vous sont en Vendée à Saint-Laurent-sur-Sèvre les 7 et 8 mars, dans la Vienne à Liguge les 28 et 29 mars, en Loire-Atlantique à Rouans les 25 et 26 avril et dans le Cher à Bourges les 3 et 4 octobre 2009. En attendant, je souhaite à Daniel Bardet un joyeux anniversaire et toujours autant de projets sympathiques en bande dessinée.
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Photo au festival d'Igny en 2007 © Manuel F. Picaud / auracan.com

vendredi 27 février 2009

La BD à artparis, enfin une reconnaissance ? (3/3)

La Bande Dessinée s'introduit dans un des hauts lieux de l'Art contemporain. La foire artparis accueille dans le cadre prestigieux du Grand Palais, une exposition de bande dessinée du 19 au 23 mars ainsi qu'un Galeriste spécialisé dans la BD. Suite et fin de l'article publié le 25 et le 26 février. L'ensemble est publié avec d'autres visuels sur Auracan.com.

Justement, face à cette démarche culturelle, la Galerie Slomka entend bien se faire une place commerciale sur le marché de l’art, bien au-delà du seul marché des collectionneurs de bande dessinée. Un brin militant, le fondateur Francis Slomka se réjouit d’avoir été sélectionné par artparis. « Je rêvais d’introduire un jour la bande dessinée dans un salon d’art contemporain. Cela fait 35 ans que je me bats pour que la bande dessinée ne soit plus considérée comme un agréable passe-temps d’adolescent, mais comme un art à part entière. »

Ayant accumulé quelques 10.000 pièces en 35 ans de passion, Francis Slomka prévoit d’exposer, pour les vendre, une centaine d’œuvres. Certains seront des « trésors », des planches ou dessins de Tintin, Astérix ou Lucky Luke, exposés dans des niches fabriquées pour l’occasion et mises en vente à plus de 100.000 €. Il y aura un tiers de pièces de Walt Disney, thème de l’exposition en cours à la galerie jusqu’au 10 mars et clin d’œil à la grande exposition Il était une fois Walt Disney aux Galeries nationales du Grand Palais en 2006-2007. Il y aura aussi des auteurs moins connus comme Yu Lu (la Pluie du Paradis, Casterman). La plupart des pièces vaudront entre 1.000 € et 10.000 €.

Le commissaire de l’exposition est persuadé que la bande dessinée est en train de passer un nouveau cap. Après la reconnaissance culturelle avec le festival d’Angoulême et la reconnaissance médiatique actuelle, Jean-Marc Thévenet rêve d’une réelle reconnaissance artistique : faire que « la bande dessinée soit en capacité d’être exposée et être vue comme elle peut être lue. » Considérer qu’ « une planche de bande dessinée est une œuvre d’art et doit avoir accès aux plus grandes expositions dans les lieux les plus magiques. »

Et c’est vrai qu’une vingtaine d’auteurs de bande dessinée ont fait leur entrée dans le fonds national de l’art contemporain comme Glen Baxter ou Mœbius, sans oublier la planche 12 de l’Affaire Tournesol de Hergé, offerte en mai 2008 par Fanny Rodwell, la veuve du créateur de Tintin, au Musée Beaubourg. 2009 poursuit sur cette voie avec l’exposition Futuropolis dans l’enceinte du Louvre et bientôt la grande exposition Vraoum ! bande dessinée et art contemporain à la Maison Rouge à Paris du 29 mai au 27 septembre 2009. La bande dessinée n’est pas un art à part, elle est enfin reconnue au sein de l’art contemporain. 40.000 personnes sont attendus à artparis au Grand Palais pour s’en persuader.

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artparis 2009 : Grand Palais - avenue Winston Churchill - 75008 Paris - ouverture au public du 19 au 23 mars 2009 de 11h à 20h30 (lundi jusqu’à 18h) - entrée : 15 € - site
Galerie Slomka : 3, rue Dante - 75005 Paris - tél : +33 (0)1 43 29 43 29 - site
Illustrations : Walt Disney - Blanche Neige - 1937 - celluloïd Original Dim : 18 x 19 cm © The Walt Disney Company ; Gir - La Ballade de Blueberry - couverture de CD © Gir - courtesy Galerie Slomka

Renouveau des sites de l'univers Jacques Martin

Depuis plusieurs années, l'univers Jacques Martin s'est enrichi de sites, forums, blogs, tous non officiels, tous sous le regard du Maître et de ses ayant-droits. Après avoir célébré les 60 ans d'Alix en 2008, l'année 2009 s'annoncerait-elle comme une année de reprise en main de l'image ? Création d'un blog officiel, suppression du forum des Enfants d'Alix, arrêt programmé de deux sites de passionnés. Photographie instantanée.


Un nouveau blog Alix Mag' vient de voir le jour. Consacré aux actualités, aux sorties et aux événements de l'univers Jacques Martin, il est animé par Stéphane Jacquet. Le site se distingue des initiatives précédentes par la mention "blog officiel". Jacques Martin et les éditions Casterman ont en effet accepté de soutenir officiellement l'initiative de fans de cette collection. Le premier billet dévoile le 26 février la couverture du prochain épisode d'
Alix dessiné par Ferry sur un scénario de Patrick Weber. Les visiteurs peuvent également découvrir une première planche en couleurs de l'album la Cité engloutie qui se déroulera en Bretagne.


L'an passé, Stéphane Jacquet, également modérateur du forum des Enfants d'Alix, avait fait ses preuves avec un blog consacré aux 60 ans d'Alix. Le blog est toujours en ligne mais son actualisation s'est achevée avec la fin des festivités de l'anniversaire. Le nouveau blog officiel vient en fait prendre le relais du blog non officiel d'Alix et des autres héros de Jacques Martin, devenu en début d'année le Blog d'Alix, l'univers de Jacques Martin. Son animateur Jean-Marc Milquet a annoncé la fin prochaine de son site. Espérons que son riche contenu restera en ligne.


Un autre site de cette galaxie annonce sa retraite prochaine. Le site de Jacques Grand sur Alix et les archives de Jacques Martin devenu le blog de "Alix l'intrépide, Enak, lefranc, Jhen, les archives de Jacques Martin, Orion, Arno, Oeil de Perdrix, Clark etc.." a programmé des billets jusqu'en mai prochain et s'interroge ouvertement sur sa continuation. Il est vrai qu'un autre site d'archives sur l'œuvre de Jacques Martin est né le 8 novembre 2008. La cave aux archives lié au site Alixintrepide.org revient sur des documents, des précédentes éditions, des publications diverses de Jacques Martin avec un réel effort éditorial et une iconographie souvent originale.


Face à cette floraison de sites dédiés, pourquoi le Forum des Enfants d'Alix vient-il de fermer ses portes ? Après une première suppression et la création d'un forum concurrent également en sommeil, cette nouvelle fermeture traduit la lassitude des animateurs face aux polémiques stériles et parfois véhémentes de certains de ses participants. En contrepartie, le doyen des sites de la galaxie, Alix l'intrépide prend les habits neufs d'un portail des Enfants d'Alix et poursuit son aventure avec une équipe étoffée et en partie renouvelée autour du fondateur Christophe Fumeux. Plus de dossiers et de vidéos, tel est le but de ce site de documentation.

La famille de Jacques Martin a compris l'intérêt d'une belle mise en images de l'oeuvre du "Maestro" et continuera bien volontiers à ouvrir ses archives tandis que Casterman qui a renforcé son équipe sur le créneau de la BD classique se paye une communication à bon compte autour d'une collection qui, bon an, mal an, dépasse les 200.000 albums vendus par an. On ne pourra pas dire qu'il n'existe pas d'informations sur l'univers de Jacques Martin ! En comptant en outre les sites des auteurs participants à la collection et les autres initiatives plus ou moins isolées, la liste est loin d'être exhaustive ...

Lancement des festivités de l’année de la Bande Dessinée à Bruxelles

Bruxelles n’a pas le festival international de la bande dessinée. Et pour cause la grande messe est à Angoulême. Pourtant, Bruxelles dispose des atouts et surtout de l’histoire et du patrimoine pour être mondialement reconnue comme une capitale de la bande dessinée. L’office du tourisme de la capitale belge a décrété 2009 année de la Bande Dessinée et un riche programme s’adresse à tous les amateurs. Démarrage ce samedi 28 février.


En plein carnaval, la première grande manifestation de l’année BD à Bruxelles est une grande Balloon Day Parade inspirée d’une tradition démarrée en 1924 à New York (ci-dessus quelques photos de l'événement américain). Quelques personnages de bande dessinée géants en gigantesques ballons gonflés à l’hélium défileront ainsi ce samedi 28 février. Parmi les figures que je puis annoncer, l’Agent 211 et Spirou. Des fanfares, des groupes folkloriques, des clowns et de nombreux artistes viendront compléter le défilé, sans oublier les pompiers et la police ! La parade aussi ses chars aux couleurs de la Bande Dessinée tel celui de la RTBF qui accueillera Spirou et Fantasio. Le parcours ira de la Gare du Midi à la Gare du Nord en suivant les boulevards du Midi, Maurice Lemonnier Anspach et Adolphe Max. Démarrage à partir de 13h30. L’arrivée est prévue à 17h00. Foule garantie !

J’aurai l’occasion d’évoquer les événements au fur et à mesure. Si vous êtes impatients, je ne saurais trop vous conseiller de vous référer au site de Brussels 2009 BD Comics Strip.

Feuilleton : La révolution numérique en marche dans la BD (épisode 11)

Voici l’avant-dernier épisode de ce dossier sur la révolution numérique en marche dans la BD. Les précédents épisodes ont présenté les différents outils de lecture, les lecteurs numériques, autrement dit l’offre principalement du côté technique. L’évolution technologique converge bien vers le développement de la BD numérique. Où est en la demande ?

Peu ou pas d’études markéting n’ont été diffusées pour le moment sur l’intérêt du public pour la BD numérique. D’autres secteurs culturels ont montré une voie à laquelle les esprits n’étaient pas préparés. Qui a imaginé il y a 20 ans que le baladeur à cassette serait devenu une clé numérique à contenance gigantesque de morceaux téléchargeables sur le net ? Qui a imaginé il y a dix ans que les Coréens ou les Japonais passent leur temps à regarder la télévision ou lire des mangas sur leur téléphone ? Qui a imaginé il y a seulement cinq ans l’essor du commerce en ligne ?

A en croire les premiers acteurs, les solutions proposées répondent à un réel besoin.
  • Faire une sélection parmi les nombreux titres, en surfant sur les sites spécialisés ou en feuilletant les albums de chez soi sur un site de publication partielle en ligne. Première étape d’ailleurs pour acheter la BD en ligne, soit sous forme numérique, soit sous forme papier.
  • Emporter plusieurs albums en un minimum de place pour les lire dans les transports en commun, une salle d’attente ou en vacances. Le numérique permet un encombrement minimum et les outils de stockage sont miniatures et performants.
  • Lire différemment la bande dessinée grâce à des animations sur mesure, ou un rythme programmable et modifiable et surtout la capacité à zoomer sur tel ou tel détail. Pour le livrèl (livre électronique ou e-book), il est possible de faire des recherches dans le texte. Il n’est pas exclu que cette possibilité soit offerte aussi pour la BD.
  • Lire une œuvre à un prix modéré en raison des économies d’impression et de reproduction, de papier et d’encre et éventuellement de réduction de coût de distribution.
  • Accéder à des albums que les éditeurs n’estiment pas intéressants de réimprimer voire même d’imprimer et donc offrir une gamme encore plus large de création d’auteurs et d’ailleurs accéder aux nouveautés de manière accélérée et uniforme sur tout le territoire dès lors qu’on dispose d’une connexion haut débit.
En même temps, le numérique présente encore pas mal d’inconvénient du côté de la demande.
  • La BD numérique sera-t-elle d’un format unique et universel permettant de rendre compatible la lecture quel que soit le support ? et cela dans le temps ? On se souvient tous des cassette vidéos devenues DVD puis Blu-ray. Chaque étape s’accompagne d’une obsolescence des formats précédents.
  • Le lecteur moins jeune pourra-t-il s’habituer à une lecture sur écran dont le confort n’est pas le même que sur papier, sans oublier tous les plaisirs sensuels de la lecture d’un livre (odeur et toucher du papier notamment).
  • Les téléchargements seront-ils fiables dans le temps et nécessiteront-ils un stockage à l’abri des pannes électriques ou machine ?
  • Les diffuseurs réaliseront-ils une diffusion totale des titres ou se limiteront à une sélection capable de générer les ventes et améliorer leur vitrine de produits phare au détriment de la diversité ?
  • Comment se faire dédicacer un album numérique ? Les rencontres avec les auteurs se limiteront-elles aussi à des forums en ligne ou des tables-rondes dans les festivals ?
Les enjeux sont donc vastes et les avis partagés. Aujourd’hui la plupart des jeunes passent bien davantage de temps devant un écran qu’un bouquin ou la télévision. Les nouvelles générations vont sans doute permettre le développement de ce nouveau marché. Une période de transition mêlera les deux modes de diffusion, papier et numérique. A terme, on peut craindre que les albums papier ne soient réservés à des titres à grand succès sous forme de Collector, à des prix évidemment moins populaires. Un accès à deux vitesse à la culture BD.

Tout dépendra de la position des principaux concernés, les acteurs du monde professionnel de la Bande Dessinée. Ce sera le prochain et dernier épisode (provisoirement) la semaine prochaine.

jeudi 26 février 2009

La BD à artparis, enfin une reconnaissance ? (2/3)

La foire artparis, grand-messe de l’art contemporain de la capitale accueille dans le cadre prestigieux du Grand Palais, une exposition de bande dessinée du 19 au 23 mars. Suite de l'article publié le 25 février. L'ensemble est publié avec d'autres visuels sur Auracan.com.

Pour Henri Jobbé-Duval, l’idée était au départ de réaliser « un regard croisé entre des artistes qui se sont inspirés de la bande dessinée et qui ont introduit des éléments de bande dessinée dans leurs travaux et des artistes de la bande dessinée qui sont reconnus par le métier comme des artistes. » Ce sera finalement un projet moins ambitieux, tout en donnant plus d’importance à la bande dessinée et en rebondissant sur la candidature de la Galerie Slomka. « Notre vocation est de stimuler le marché. Si nous n’avons pas de galerie pour défendre les artistes de bande dessinée, nous n’avons pas de raison de réaliser une exposition dans un domaine où les galeries ne sont pas impliquées. »

La démarche est « une opération à la fois économique et culturelle : dans une dynamique économique, on essaye de faire progresser le ressenti culturel d’une société par rapport aux acteurs culturels dans le domaine des arts plastiques de cette société. »

L’exposition Les auteurs de la bande dessinée regroupe une quarantaine de planches d’une douzaine d’auteurs sur 50 m2 dans les coursives du Grand Palais. Elle se veut « autant comme un mouvement qu’une découverte ». La liste des auteurs comprend François Avril, Conrad Botes, Jean-Claude Götting, Igort, Joanna Hellgren, Miles Hyman, Loustal, Ilan Manouach, Piotr, Fabien Verschaere qui sort son premier album à cette occasion, Winshluss… autant dire des pointures comme des jeunes pousses. Le commissaire de l’exposition assume que les auteurs sélectionnés l’ont été de manière totalement subjective. Ce sont des auteurs qu’il connaît bien et dont il apprécie le travail.

Pour Jean-Marc Thévenet, l’exposition s’adresse à des collectionneurs qui ne sont pas des amateurs invétérés de la bande dessinée. « Si je montais cette exposition dans un festival classique, on me dirait qu’il y a du déjà vu. Mon idée est en fait de m’adresser aux collectionneurs d’art contemporain et de leur proposer une photographie, relativement objective finalement, de ce qu’est la bande dessinée aujourd’hui. » Un autre parti pris est de montrer essentiellement des planches issues d’albums de bande dessinée et non pas des travaux d’illustration ou de peinture des auteurs de bande dessinée. Certes l’objectif n’est pas de vendre les œuvres, mais si l’exposition permet de toucher un nouveau public et donne l’envie à des collectionneurs d’acquérir des planches, le pari sera totalement gagné.

Conclusion demain.
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artparis 2009
: Grand Palais - avenue Winston Churchill - 75008 Paris - ouverture au public du 19 au 23 mars 2009 de 11h à 20h30 (lundi jusqu’à 18h) - entrée : 15 € - site
Galerie Slomka
: 3, rue Dante - 75005 Paris - tél : +33 (0)1 43 29 43 29 - site
Illustrations extraites de Pinocchio © Winshluss / Les Requins Marteaux 2008 et de
Rats et Chiens © Conrad Botes / Éditions Cornélius 2009

Face à face Jung et Chabouté à la Galerie Daniel Maghen

La galerie Daniel Maghen confronte deux auteurs du 27 février au 7 mars 2009. Christophe Chabouté (Tout Seul, Construire un Feu, Zoé, La Bête) sera face à Jung (Couleur de peau miel, Kyoteru et Kwaidan).

Pour mieux connaître l’auteur Coréen de 43 ans, je vous invite à relire mon billet écrit récemment. L’accent de l’exposition porte bien sûr sur les deux tomes de Couleur de peau miel, paru chez Soleil. Ce récit autobiographique d’une grande finesse et d’une touchante sensibilité se plonge dans la recherche de des origines et évoque le sujet de l’adoption de milliers d’enfants sud-coréens après la guerre. Une très belle exposition avait eu lieu à Quai des Bulles en 2008. L’auteur a été aussi récompensé au Festival BDBoum de Blois. Cette fois, les amateurs auront le choix de s’offrir l’un des cent originaux réalisés au lavis de Couleurs de peau miel ou des planches des séries Kyoteru et Kwaidan.

Face à lui un auteur tout aussi friand d’intimisme comme il l’a montré dans ses deux derniers albums, Tout Seul, un sublime roman graphique dans un phare et Construire un Feu, adaptation de la nouvelle de Jack London. Le 8 février dernier, Christophe Chabouté a célébré ses 42 ans. L’auteur complet, d’origine alsacienne, spécialiste du « quotidien fantastique » ou du « fantastique au quotidien » n’est pas du genre à s’exprimer sur ses projets. Pour la première fois, il a accepté cette exposition rétrospective qui comptera également une centaine de pièces.

Une exposition à ne pas manquer.
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Exposition du 24 février au 7 mars à la Galerie Daniel Maghen - 47, quai des Grand Augustins - Paris (75006)
Horaires : du mardi au samedi de 10h30 à 19h.

Vernissage vendredi 27 février 2009 à partir de 19h

Photo : Exposition Jung à Quai des Bulles à Saint-Malo 2008 © Manuel F. Picaud / Auracan.com

Dessins © respectivement Jung et Chabouté

Les Festivals BD de l'hiver (épisode 7)

Pour clore le mois de février, plusieurs villes proposent leur festival ou leur animation BD. Petit tour d’horizon avec un regard appuyé sur le Festival BD des Grandes Ecoles à Paris.

Créé à l’initiative d’étudiants de HEC, Supélec et Polytchnique, le Festival de la BD des Grandes Écoles existe depuis 1987. Pour son grand retour sur la scène parisienne, l’un des anciens organisateurs, Xavier Dorison en est le parrain. Sur le thème « de l’idée à l’album », la manifestation se tient dans les locaux de l'ENS, 45 rue d'Ulm à 75005 Paris de 10h à 19h. Plus de 40 auteurs sont attendus sur les deux journées dont Denis Bajram, Pierre Christin, Thierry Démarez, François Debois, Jean-Christophe Derrien, Juanjo Guarnido, Jean-Pierre Joblin, Olivier Le Discot, Serge Le Tendre Jean-Claude Mézières, Valérie Mangin, Ralph Meyer, Fabien Nury, Vincent Pompetti, Tarek… Les visiteurs pourront voir des expositions sur le travail d’un dessinateur, Jean-Claude Mézières ou d’un scénariste Xavier Dorison ainsi que la réalisation d’un album Akademy. Jean-Claude Mézières et Pierre Christin animeront une conférence sur la genèse du héros Valérian (samedi à 13h30) et les amateurs de Tintin pourront assister à une conférence sur le temple du Soleil (dimanche à 13h30). Denis Bajram préfèrera dessiner en commentant son travail samedi à 15h30 plutôt que de dédicacer. Poursuivant un vrai but pédagogique, deux tables-rondes évoqueront le métier de coloriste (Svart et Evelyne Tran-lê) le samedi à 17h30 et de scénariste (Xavier Dorison, Serge Le Tendre et Fabien Nury) le dimanche à 17h30. Côté coulisses, à voir aussi samedi à 11h ou dimanche à 15h la projection du film Largo sur Largo Winch. Entrée : 3 € par jour.

Direction Bagnols-sur-Cèze dans le Gard pour la 8e édition du Festival du Livre et de la BD. Le complexe des Eyrieux accueille ses visiteurs de 10h à 19h le samedi 28 février et de 10h à 18h le dimanche 1er mars. Quelques 25 auteurs sont annoncés dont Paul Glaudel, Mohammed Aouamri, Carrère, Pierre Dubois, Xavier Fourquemin, Michel Weyland, Eric Stoffel (dimanche), Marcel Marlier. Le thème est principalement le monde des elfes, des dragons et des sorcières. L’entrée est libre.

Cap sur Aubagnela Médiathèque Marcel Pagnol organise les Rencontres BD avec le Zarmatelier, une dynamique association d’auteurs marseillais. Une quinzaine d’auteurs sont attendus dont Thomas Allart, Richard Di Martino, Michel Espinosa, Jeanne Puchol, Éric Stoffel, Olivier Thomas.. A noter aussi des débats autour du thème de la tendance du blog BD et de "la Femme et la BD". Cela se passe de 10h à 19h le samedi 28 février 2009. Entrée libre.

Enfin, Gex à la frontière suisse organise son premier Salon du disque et de la BD le dimanche 1er mars. Au programme, une bourse BD et quelques dédicaces dont Félix Molinari et Albert Weinberg. L’entrée est de 1 € et le lieu l'Espace Perdtemps.


A retenir aussi la 5e édition de
Migennes collector, un festival culturel où la BD a sa place samedi 28 février et dimanche 1er mars. Entrée 2 €.

Le mois de mars arrive avec ses traditionnels salons du livre à Bruxelles et Paris...

mercredi 25 février 2009

La BD à artparis, enfin une reconnaissance ? (1/3)

L’événement de la saison 2009 de l’art à Paris est son ouverture à la bande dessinée. Après l’exposition Le petit dessein. Le Louvre invite la bande dessinée au Musée du Louvre, la foire artparis, grand-messe de l’art contemporain de la capitale accueille dans un autre cadre prestigieux, le Grand Palais, une exposition de bande dessinée du 19 au 23 mars.

Organisée par Jean-Marc Thévenet, fin connaisseur du 9e art, cette exposition présente une quarantaine de planches d’une douzaine d’artistes. En accueillant pour la première fois un exposant BD, la Galerie Francis Slomka, nouvel entrant dans le monde des galeristes de bande dessinée, les organisateurs de la manifestation ont eu envie de rebondir par cette mise en avant originale. Visite guidée avec les protagonistes.

Depuis plusieurs années, Jean-Marc Thévenet, ancien rédacteur en chef du magazine Pilote et ex dirigeant du Festival International de la Bande Dessinée à Angoulême, cherchait à convaincre les organisateurs de la foire artparis, Henri Jobbé-Duval et Caroline Clough-Lacoste, d’ouvrir les portes de la foire à la BD. Fort de son expérience comme organisateur de la Biennale du Havre en 2006 et 2008 et se rendant compte de l’évolution du marché du 9e art, il se disait « qu’il y avait un voisinage artistique et même culturel entre la bande dessinée et l’art contemporain » et que cela pouvait donner lieu à une exposition originale. Finalement, le déclic se fait au travers de l’accueil de la Galerie Slomka à artparis. Face à une exposition de Street Art avec entre Hervé Di Rosa et Jonone dans la nef Sud, la manifestation mettra en avant la bande dessinée dans la nef Nord. Dans cette coproduction, artparis apporte les locaux et Jean-Marc Thévenet son savoir-faire et le financement des encadrements, des assurances, etc.

La suite et la fin de cette enquête seront publiées le 26 et le 27 février. L'ensemble est en ligne avec d'autres visuels sur Auracan.com.
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artparis 2009 : Grand Palais - avenue Winston Churchill - 75008 Paris - ouverture au public du 19 au 23 mars 2009 de 11h à 20h30 (lundi jusqu’à 18h) - entrée : 15 € - site
Galerie Slomka : 3, rue Dante - 75005 Paris - tél : +33 (0)1 43 29 43 29 - site
Illustration Fabien Verschaere “Me Versus Me”, 2008, feutre noir sur papier canson, 65 x 50 cm Courtesy de l’artiste et galerie Metropolis et la couverture de son premier album Seven Days Hôtel publié chez Lienart en mars 2009

Top Ten des meilleures ventes BD hebdomadaire au 22 février 2009

Grand chamboulement dans le classement hebdomadaire des meilleures ventes d'albums de bande dessinée en France. La moitié des titres est en effet renouvelé sans affecter la première place néanmoins. La série Antarès de Léo est à l'honneur à l'occasion de la sortie du T.2 des Mondes d'Aldébaran chez Dargaud.


L'événement de la semaine est donc la série de Léo. Les deux premiers titres du troisième cycle Antarès de la saga Mondes d'Aldébaran occupent la 2e et la 9 place du classement. Dans cette série de science-fiction, l'auteur complet Léo entend expliquer l'histoire de la conquête par l'homme des planètes lointaines, montrer les conséquences tragiques de la folie des hommes et découvrir d'étranges créatures peuplant l'univers. La série complète compte déjà 12 épisodes dont le premier est paru il y a 15 ans, en 1994.

A la tête du classement, le T.14 du Petit Spirou de Janry et Tome
s'accroche de peu à la pôle position. Le T.7 des Rugbymen de Béka et Boupard laisse s'intercaler la nouveauté de Léo. Le deuxième album Lucky Luke d'Achdé et Laurent Gerra tombe à la 6e place. Les 3 albums de tête se situent respectivement à la 9e place (-1), 12e place (entrée) et 44e place (-11) dans le classement tous livres confondus réalisés selon les mêmes règles par Tite live. Titeuf de Zep se rapproche de la sortie tandis que la réédition d'Astérix parvient à sauver sa 4e place.


Parmi les autres nouveautés, figure l'intégrale des Watchmen d'Alan Moore et Dave Gibbons chez Panini Comics. L'éditeur a bien fait les choses en proposant trois versions du souple à 15 € à la version luxe avec coffret à 65 € en passant par l'intermédiaire à 30 € cartonné avec des pages de bonus. Il est vrai que l'adaptation cinématographique par le réalisateur Zack Snyder (à qui l'on doit notamment 300) sort dans les salles le 4 mars. Plus d'informations sur le blog du film. A noter enfin la sortie prochaine du making of du film, Watching the watchmen.

Toujours les comics US, les Simpson poursuivent une carrière étonnante en France avec le hors collection également commercialisé par Panini Comics. Ils apparaissent à la septième place. Le dernier tome de la collection Sept vient de sortir. Il est d'ailleurs possible d'acquérir un coffret pour ranger les sept volumes de cette série conçue autour du chiffre sept. Le dernier épisode de
Mathieu Gabella et Patrick Tandiang s'intéresse à sept prisonniers dans l'espace, et plus exactement sur la Lune.

En conséquence, cinq titres quittent le classement à commencer par Largo Winch de Jean Van Hamme et Philippe Francq et les blagues de Toto après un faux retour la semaine dernière. Disparaît aussi l'ensemble Soleil composé de Tykko des sables de Christophe Arleston, Melanÿm et Nicolas Kéramidas dans la collection Légendes de Troy, le T.8 de Lanfeust des Etoiles et le T.4 de Wolrd of Warcraft de Walter Simonson et Jon Buran.

Au classement des éditeurs, Panini Comics égale Dargaud avec deux titres chacun. Média Participation (Dupuis, Dargaud et Lucky Comics) représente 40% du classement cette semaine. Les autres titres défendent des maisons différentes : Hachette, Glénat, Delcourt et Bamboo.

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Courtesy au site
www.electre.com qui publie ce classement officiel des ventes de la semaine © IPSOS / Livres Hebdo. Pour info, les chiffres ne tiennent pas compte des ventes à distance ni des ventes en Belgique, mais d'une sélection représentative des autres circuits de distribution traditionnelles en France (grandes surfaces, librairies, surfaces culturelles).

Joyeux anniversaire Camille Paganotto !

Une jeune coloriste fête aujourd’hui son anniversaire. Origine des Bouches du Rhône, Camille Paganotto exerce comme coloriste depuis 2002 principalement chez Soleil, mais également dernièrement chez Théloma et Le Lombard.


Après des études universitaires d’italien, Camille Paganatto s’est réorientée vers la bande dessinée, en commençant par la mise en couleurs. Autodidacte, elle entre à l’atelier Gottferdom à Aix-en-Provence puis lance son atelier Ours on Colors et exerce aujourd’hui en solo. Son site web original donne un bon aperçu de son travail et, chose rare, également des projets de mise en couleurs non retenus comme Croisade dessiné par Philippe Xavier.

Utilisant d’abord la technique traditionnelle à l’aérographe et aux pinceaux (acrylique et gouache), elle travaille désormais uniquement par ordinateur, méthode clairement plus rapide, et appréciée des éditeurs. Son premier album sort en 2002, chez Soleil, le Souffleur de rêves, suivi d’Akerzone en 2003 et des Contes de Kardigan en 2004. Après différents travaux d’illustration notamment pour la magazine Lanfeust, Camille Paganotto réalise les couleurs des deux derniers tomes de la Reine Margot chez Chapeau Bas et les deux tomes d’Ava Dream au Lombard en 2007 et 2008. Je lui souhaite une bonne continuation et un joyeux anniversaire !

Un nouveau réseau des auteurs de BD sur Internet

Sur son blog, Michel Janvier se plaignait récemment du caractère commercial, la dérive intrusive, la « machine à traçabilité individuelle » du réseau de convivialité Facebook. François Maingoval vient de prendre l’initiative de créer un site dédié aux seuls auteurs de bande dessinée. Explications avec François Maingoval, scénariste de BD et fondateur de auteursbd.ning.com.

Peux-tu expliquer ce projet ?
Oh, c'est très simple, c'est juste un espace de rencontre entre auteurs (et uniquement eux), un réseau social à la manière de Facebook en quelque sorte. Pour l'instant on n'est pas encore très nombreux (une quinzaine), mais les chiffres montent tous les jours. On y discute par exemple de la nouvelle Loi fiscale belge pour les droits d'auteurs.


C’est un peu un forum professionnel?
C’est un espace de rencontre exclusif entre auteurs. On n'est pas là pour se crêper le chignon, pour discuter de la BD « mainstream » par rapport à la BD d'auteur, etc., mais juste pour discuter de trucs pratiques ...

C’est une initiative un peu syndicale ?...
Non, pas du tout.

... ou vraiment conviviale à la manière de Facebook ?
Oui, voilà.

Le choix de la couleur rose est pour aller avec ta photo ?
Ben non, c'est l'inverse, évidemment.

Qui a conçu l’outil ?
C'est la société californienne Ning : www.ning.com, c'est fabuleux !!!

Quel financement, budget et recettes ?
Il n'y a pas besoin de financement, j'ai juste du consacrer un peu de temps au début. Pas de budget, pas de recette, tel n'est pas l'objectif.

Comment sont validés les auteurs ?
Je vérifie qu'ils sont bien auteurs, selon diverses méthodes. D'abord, j'en connais quand même déjà pas mal personnellement, ou je connais des amis qui les connaissent. Parfois, je dois poser une ou deux questions, je peux aussi vérifier l'email via les attachés de presse ou les éditeurs, mais en général cela va très vite.

Les propos sont-ils modérés ?
Il n’y a pas de modération.

Tu lances un appel aux auteurs pour rejoindre le groupe !
Oui je les invite à nous rejoindre ! Mais rappelez-vous : uniquement des auteurs de BD, qu'on reste entre nous !

Et oui, dans un marché en mutation , les auteurs s’organisent… A signaler bien sûr également le Groupement des Auteurs de Bande Dessinée (scénaristes, dessinateurs, coloristes) membre du Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs (SNAC). Pour le coup, plus syndical.

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Propos recueillis en exclusivité par Manuel F. Picaud en février 2009
Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation préalable
© Manuel F. Picaud / Auracan.com

mardi 24 février 2009

Les 40 ans ratés de Pif Gadget

Triste anniversaire pour les 40 ans du magazine Pif, devenu rapidement Pif Gadget. Le premier numéro est paru le 24 février 1969. Après une première interruption de 1993 à 2004, la relance du titre du groupe de presse l’Humanité lié au Parti Communiste n’aura pas tenu ses promesses. La société Pif éditions qui éditait le journal a en effet été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Bobigny le 15 janvier dernier.

Quelques mois après mai 1968, le journal Vaillant faisait sa révolution. Exit les histoires à suivre au profit d’histoires complètes. Bienvenue aux bandes dessinées en noir et blanc réalistes comme Corto Maltese, Dr. Justice ou Rahan, à l’humour avec Corinne et Jeannot, Placid et Muzo ou la Jungle en folie et surtout au gadget original comme les Pifises ou les pois sauteurs du Mexique. Des auteurs prestigieux aussi comme André Chéret, Mic Delinx, Marcel Gotlib, Roger Lecureux, Raffaele Carlo Marcello, Raymond Poïvet, Hugo Pratt, Jean Tabary… Le journal s’adressait à un public large offrant humour, aventures,et informations. Bien sûr le héros principal restait Pif le chien, créé par José Cabrero Arnal.

Pif Gadget a atteint un million d’exemplaires vendus en avril 1970 et en septembre 1971, avec une moyenne de 500.000 exemplaires, ce dont rêvent aujourd’hui les patrons de la presse du 9e art ! Sa nouvelle formule n’aurait rassemblé qu’une moyenne de 100.000 exemplaires. Le journal employait six salariés dont François Corteggiani, rédacteur en chef BD et aurait accumulé 4 millions d’euros de dettes. Après 21 mois de tentative de redressement, le Tribunal de Bobigny a sifflé la fin de cette deuxième manche. Rien n’exclut une belle.

Le journal Pif Gadget a marqué des générations de bédéphiles des années 70-80 et poursuivait la lignée du magazine Vaillant.

Les nostalgiques auront à cœur à revivre ses glorieuses années avec le mensuel Période Rouge, dont le 11e numéro va sortir prochainement. Tous les numéros sont téléchargeable gratuitement à l’adresse suivante : http://www.frbosquet.com/PeriodeRouge/outil/Pdfs/. Le 10e numéro fait justement la part belle aux 40 ans de Pif Gadget.

Ailleurs... Plus loin ! d’Emmanuel Lepage

Les éditions Mosquito viennent de publier Ailleurs.. Plus loin… un petit recueil de 128 pages contenant 150 dessins inédits ou rares, crayonnés, esquisses ou carnets de voyage issus des cartons d’Emmanuel Lepage. L’auteur breton vient ainsi compléter sa Monographie parue chez le même éditeur l’an passé et réalisée par Serge Buch, Gilles Ratier et Pierre-Yves Lador.

Évidemment, cet opus est une invitation au voyage que la couverture annonce d’ailleurs simplement. Au travers de ses dessins, Emmanuel Lepage livre des témoignages de ses rencontres et ses pérégrinations. On y apprécie la finesse de son trait, la grande expressivité de ses personnages , la voluptés de ses nus et la douceur et l’intensité de ses couleurs directes à l’aquarelle.
En un mot : la beauté.

En attendant le deuxième tome de Oh les filles !, un ouvrage collector à se procurer.

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Ailleurs... Plus loin ! d’Emmanuel Lepage - Mosquito - février 2009 - 20 €
extrait © Emmanuel Lepage / Mosquito
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