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jeudi 27 mai 2010

La BD au service des causes humanitaires ? (3/3)

Argument souvent commercial, le soutien à une cause humanitaire d’un auteur ou d’une œuvre de BD peut aussi être tout à fait discret et sincère. Témoin trois nouveaux exemples.

L’association Handicap international a ainsi réussi à s’attacher les services gracieux de Zep. Après avoir sollicité l’organisation en 1999 pour savoir comment dessiner la prothèse d'un enfant mutilé par une mine pour un album Titeuf, Zep a accepté pour les 20 ans de l’ONG en 2002 d’associer son personnages fétiche à leur campagne de sensibilisation. Résultat : une brochure pédagogique http://www.handicapinternational.be/file/29234/ toujours d’actualité comprenant une douzaine de dessins bien vus qui permettent à tout public de comprendre les enjeux de l’association. Le personnage de Titeuf est dans son rôle, combattant de l’injustice, capable d’humour « sans étonnement ni préjugé » et finalement de changer le regard sur l’handicap. A l’époque, Zep expliquait se démarche : «Je ne m'engage pas parce que je suis artiste, les thèmes abordés avec Titeuf me touchent, me font peur, me révoltent. Titeuf a l'âge où l'on a envie de changer le monde. Moi aussi j'en ai envie, et j'utilise Titeuf pour le dire. Je suis sensible à la manière dont Handicap International parle du handicap. J'ai trouvé une démarche plus intégrante, n'utilisant ni la pitié, ni la culpabilité de ceux qui sont "en bonne santé". Titeuf, lui, n'est pas plus sympa qu'un autre gamin. Face à une personne handicapée, il a peur, il a envie de se moquer ; enfin, il est comme tout le monde. Même si le handicap n'est pas un sujet rigolo, le rire des enfants, c'est bien mieux que l'indifférence. » Son soutien a également pris la forme d’une exposition didactique « Liberté Egalité, Handicapés » qui a pu être présentée depuis 2006 pendant plus de 1000 jours en des lieux différents !

L’association Rêves de Bulles (www.reves-de-bulles.org) animée par le très sympathique Jean-François Vivier a aussi trouvé une idée originale pour aider quelques causes très ciblées. Associée à Orphelins du monde, elle soutient actuellement deux associations : Civitan lasi en Roumanie à destination des mères isolées (formation, logement) et A bras ouverts à destination des enfants handicapés (organisation de week-end pour décharger les parents). De nombreux auteurs ont répondu présent sur la durée car l’association propose l’édition de portfolio, de tirage de tête ou d’ex-libris, dont les profits sont destinés intégralement aux causes soutenues. Parmi les nombreux soutiens, Laurent Bidot, Franck Bonnet, Marc Bourgne, Christian Denayer, Thierry Gioux, Griffo, Patrick Jusseaume, Jean-François Kieffer, Jean-Yves Mitton, Olivier Pont, Pierre Tranchand, Sylvain Vallée ou Éric Stalner. Ce dernier expliquait simplement sa démarche : « être auteur de bande dessinée est un travail très agréable mais très solitaire, qui peut tendre à une vie égoïste. Par l’intermédiaire de Rêves de bulles, je souhaite apporter ma contribution à un monde plus fraternel et donc moins individualiste. » Dans l’ensemble, l’idée de Rêves de Bulles est d’éditer sous une autre forme un travail déjà fourni par les auteurs à destination de collectionneurs ou de donateurs ravis de posséder une belle contrepartie à leur don.

Enfin, il arrive que certains auteurs réalisent pour le compte d’une association, un projet d’album original et sur mesure. Auteur engagé, Fabrice Neaud a ainsi répondu en 2008 à l’invitation de l’association belge ex-æquo de réaliser une BD de prévention contre le VIH à destination des gays, Alex et la vie d’après - chronique www.auracan.com et téléchargement gratuit www.exaequo.be/media). Une telle opération a été réalisée grâce au soutien du Ministère de la Santé de la Communauté française, du Ministère de la Santé, de l’Action sociale et de l’Égalité des chances de la Région wallonne, de la Direction Ressources humaines et Égalité des chances de la Région Bruxelles-Capitale, de la Direction de l’Égalité des Chances et du Service Éducation permanente de la Communauté française. L’association communautaire le Cercle avait de même réussi à obtenir des subventions pour proposer une bande dessinée contre l’homophobie dans l’entreprise, Pressions et impression de Didier Eberlé bd75011.blogspot.com/2007/12/pressions-impressions-une-bd-contre-les.html . Même si les auteurs ne sont pas assurés de toucher le jackpot, ils peuvent participer à une bonne cause sans se priver de revenus.

Autant d’exemples qui montrent une voie d’engagement peu médiatisé et réellement désintéressé au profit d’une cause humanitaire. Des exemples à ne pas trop démultiplier mais qui confirment bien l’immense générosité des auteurs de BD dans leur ensemble.

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