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mardi 3 août 2010

Scénariste BD : interview de Jean-Christophe Derrien sur Résistances

Né en 1971, le scénariste Jean-Christophe Derrien voit sa carrière décoller dans le 9e art depuis son entrée aux éditions du Lombard. Il se révèle au grand public d’abord avec le double album victorien Miss Endicott avec Xavier Fourquemin. En fin 2009, il lance une série Poker sous forme d’un thriller dans l’univers du jeu, que dessine le frère de son copain d’enfance, Simon Van Liemt avec qui il avait déjà réalisé une trilogie Incantations chez Glénat. En juin 2010, il propose sa vision de la résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale dans une autre série Résistances avec Claude Plumail au dessin. L’auteur passionné de cinéma œuvre aussi dans le dessin animé, écrit pour la télévision et enseigne le scénario de BD. Autant de bonnes raisons pour le rencontrer et découvrir ses projets en cours. Comme d'habitude voici un premier extrait dont l'intégrale se trouve sur Auracan.com.

Ce premier extrait consacré à Résistances contient d'autres visuels exclusifs du T.2.

Résistances T.2 - extrait en exclusivité crayonné de la planche 1
© Plumail - Derrien / Le Lombard

Comment avez-vous imaginé cet autre projet Résistances ?
Ce projet date de trois ou quatre ans. J’avais envie de faire un BD sur la Résistance. On l’a signé quand Il était une fois en France est sorti. Après j’ai acheté tous les albums en rapport avec la Seconde Guerre mondiale pour m’assurer que l’angle n’était pas le même que le mien. Heureusement, ce n’est pas la cas.

Résistances T.1 - extrait en exclusivité crayonné de la planche 11
© Plumail - Derrien / Le Lombard

L’idée consiste à suivre trois personnes en 1940 qui ont des parcours qui se rejoignent et qui en même temps sont complètement différents. C’est un trio amoureux : deux hommes et une femme. Chacun a une manière différente de résister : l’un devient Gaulliste en entendant l’appel du 18 juin et rejoint De Gaulle à Londres, l’autre est juive communiste et essaye de gérer cette situation à Paris et le troisième fait du marché noir. L’idée n’est pas d’être collabo ou résistant. On peut être gris suivant les événements. La plupart des gens en fait pensaient surtout à trouver à manger à l’époque. C’est ce que me disait ma grand-mère. Je n’ai pas une grande conscience politique mais j’admire les gens qui ont fait des choses à des moments où le marasme ambiant ne le prédisposait pas. Je n’avais pas de dessinateur – j’ai trouvé Claude Plumail (Cybertueur, Dédales) en passant une annonce sur un site professionnel. Il a un dessin un peu rétro qui convient très bien.

Résistances T.2 - extraits en exclusivité : encré de la planche 15 (en haut à droite et en bas à gauche)
et crayonné de la planche 23
© Plumail - Derrien / Le Lombard

Quel a été le vrai déclic pour écrire sur la Résistance ?
J’ai vu le film Black Book, réalisé par Paul Verhoeven que j’ai bien aimé. Et je me suis aperçu que j’achetais régulièrement des films ou des livres sur la Résistance. C’est devenu un sujet qui me passionnait. Peut-être aussi l’interrogation sur ce que j’aurais fait moi-même. J’admire les gens qui ont pu dire non aux occupants. Mais je pense que chacun avait ses raisons pour le faire. Enfin, je me suis vraiment dit que c’était le moment pour traiter d’un tel sujet en BD. S’il y a aujourd’hui une pléthore de BD sur la Seconde Guerre mondiale, c’est peut-être que la période se prête à évoquer ce sujet avec recul.

Résistances T.1 - extrait en exclusivité crayonné de la planche 44
© Plumail - Derrien / Le Lombard

Propos recueillis par Manuel F. Picaud
entre janvier 2010 à Angoulême et juillet 2010
Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation préalable
© Manuel F. Picaud / Auracan.com
Remerciements à Diane Rayer et Sophie de Saint-Blanquat
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