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mardi 2 novembre 2010

Auteurs BD : interview de Valérie Mangin et Denis Bajram

Le couple Valérie Mangin et Denis Bajram a fondé le label Quadrants en 2006. Les deux auteurs bouillonnants avaient en projet l’album Trois Christs. Pourtant l’album, certes épais, ne paraît qu’à l’automne 2010. Une longue genèse pour un album qui aborde un pan de la chrétienté et incite à la réflexion autant sur la religion que les histoires qu’on nous raconte. Depuis, ils ont d’ailleurs passé la main du label à Corinne Bertrand.

A l’occasion du festival Quai des Bulles à Saint-Malo, les auteurs en ont profité pour m'expliquer le chemin parcouru par cet album étonnant et présenter leurs nouveaux projets… Vous trouverez comme d'habitude l'intégralité de l'entretien sur
Auracan.com avec d'autres visuels.

Trois Christs répond-il à la vague ésotérique depuis le Da Vinci Code de Dan Brown, voire même une tentative de réponse sur l’existence de Dieu ?
Valérie Mangin : Ce serait vraiment présomptueux sur l’existence de Dieu. Beaucoup de philosophes s’y sont lancés avant nous et ont échoué, mais effectivement on rouvre le débat. Notre recherche est une volonté de discussion. C’est pour cela que nous présentons trois points de vue. Nous ne voulons pas donner une réponse monolithique à une grande question.
Denis Bajram : Nous avons été agacés par l’un des effets du Da Vinci Code. Soudain, des gens racontaient tout et n’importe quoi invoquant le complot sur la base d’un bouquin qui leur donnait l’impression qu’on leur avait menti de tout temps. Alors qu’ils étaient la plupart non catholiques et pas vraiment concernés, beaucoup rejetaient l'Eglise, mélangeaient vertement histoire, mythe religieux,...
VM : … et ésotérisme de bazar. Finalement des gens croyaient aveuglément ce qu’ils avaient dans le Da Vinci Code et reprochaient à leurs ancêtres d’avoir cru au discours de l’Eglise quelques 200 ans plus tôt.
DB : Croire en le Da Vinci Code était tout aussi grotesque. Nous avons donc voulu raconter trois hypothèses avec les mêmes éléments pour montrer qu’avec les mêmes sources et les mêmes matériaux on pouvait effectivement raconter trois histoires différentes. Et qu’on devait donc être très prudent avec des éléments épars.
VM
: C’est finalement une invitation à la réflexion.

DB
: Et à la prudence.

Propos recueillis par Manuel F. Picaud en octobre 2010
Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation préalable
P
lanche 61 en NB et en couleurs © Mangin - Bajram / Quadrants
Photo Valérie Mangin et Denis Bajram à Saint Malo © Manuel F. Picaud / Auracan.com
© Manuel F. Picaud / Auracan.com
Remerciements à Bénédicte Cluzel, éditions Soleil


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