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dimanche 7 novembre 2010

Festival BD : Alger, nouveau carrefour international de la BD ? (épisode 8/8)

Le FIBDA est en effet une vitrine de talents internationaux, en particulier en provenance de pays sous-représentés dans les festivals franco-belges. C’est une force, mais aussi une faiblesse si cela ne s’accompagne pas par un développement du marché local. Le pouvoir a mis les moyens pour hisser rapidement ce festival à un rang international. Les organisateurs ont évoqué un budget d’un demi million d’euros, en grande partie pris en charge par l’État, les sponsors n’offrant pour le moment que des échanges de visibilité contre des services à l’exception de la Société Générale qui octroie les prix en espèces accompagnant les principales récompenses. Cela permet de faire venir, nourrir et loger l’ensemble des participants dans deux hôtels haut-de-gamme, de payer une équipe d’organisation dont 6 permanents à l’année, de louer les installations, d’éditer des brochures luxueuses contenant les expositions, le programme, les jeunes talents et les participants aux concours, …


Pourtant, le fréquentation du festival dans une ville aussi peuplée reste – même en acceptant les chiffres officiels très optimistes – plutôt décevante. Il n’est pas sûr d’ailleurs que les installations puissent accueillir beaucoup plus de monde. En fait les visiteurs sortent surtout le week-end algérien à savoir le vendredi et le samedi. En réponse, il est envisagé de raccourcir le festival d’un jour.


Au final, le festival d’Alger ne peut et ne doit pas se comparer à un festival comme Angoulême. Sa taille humaine et ses moyens peuvent au contraire lui permettre de capitaliser sur ses spécificités. La première d’entre elles est son ouverture sur des territoires peu défrichés pour le 9e art. La seconde est d’apparaître comme un vrai carrefour entre l’Europe et l’Afrique, entre l’Est et l’Ouest, entre les cultures arabes, francophones et internationales. L’organisation n’est pas exempte de progrès mais l’équipe organisatrice est soucieuse de réussir ce pari. En continuant à s’entourer de spécialistes, en corrigeant ses imperfections, en entretenant sa culture BD, en s’attachant à quelques règles éthiques et en continuant d’accueillir des auteurs et conférenciers du monde entier, elle pourra pérenniser cet événement et en faire l’un des festivals les plus courus du circuit.

Quelques personnalités présentes comme Franckie Alarcon,
Dalila Nadjem et Joëlle Ebongue
, Joëlle Esso Pongo et Pahé © Manuel F. Picaud / Auracan.com
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Photos du Festival international de bande dessinée d’Alger en octobre 2010 © Manuel F. Picaud / Auracan.com

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