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mercredi 11 mai 2011

Trop plein d’expositions-ventes BD à Paris et Bruxelles ? (épisode 1/3)

Paris et Bruxelles ne cessent de voir le nombre de galeries BD progresser. Parallèlement à l’intense floraison d’expositions-ventes des mois de mars et avril 2011, il était nécessaire de faire un petit panorama et tenter d’expliquer ce phénomène. L’eldorado n’est il pas en train de se tarir ? Tour d’horizon en images et tentative d’explications.

Ces dernières années, Paris et Bruxelles ont vu l’arrivée de nouvelles boutiques de vente d’originaux de bande dessinée comme Champaka, Petits Papiers et Galerie Thierry Goossens à Bruxelles, LA Galerie de Montréal, Napoléon, Oblique, Petits Papiers, Slomka à Paris, Bleus et originaux à Lyon. Encore le 11 avril 2011, une nouvelle galerie – de Julien Brugeas (julienbrugeas.com) s’est ouverte dans le 18e arrondissement au 71 rue Lepic. Une nouvelle – par Jean-Marc Thévenet (ci-dessous) – devrait s’ouvrir cet été dans le 3e arrondissement près des Arts-et-Métiers. Paris va compter 13 galeries spécialisées et Bruxelles au moins 4. Parallèlement, on constate peu de fermetures. Numériquement, la disparition de Christian Desbois a été compensée par l’ouverture dans la quartier Saint-Paul de la Galerie Oblique par l’un de ses plus proches collaborateurs, Pierre-Marie Jamet (ci-contre), alors que le fond de commerce était vendu en Bretagne. Et la Galerie Frédéric Bosser est devenue la Galerie des Arts Graphiques. Ne risque-ton pas l’overdose ?

Le phénomène est liée à l’évolution du marché des originaux. Le public intéressé s’élargit peu à peu grâce à l’introduction de la BD dans les expositions d’art contemporain comme la biennale du Havre et les foires d’art comme Art Paris ou Bruxelles. La croissance parallèle des ventes aux enchères d’originaux et les records de prix médiatisés mettent en lumière un marché d’œuvres d’art mésestimés qui recèle encore beaucoup de potentiels. Des signatures comme Enki Bilal ou Philippe Druillet se rapprochent sans doute de la peinture avec des prix élevés, mais les grands maîtres comme Hergé, Franquin ou Hugo Pratt battent des records et sont gérés avec soin par les héritiers. Les professionnels n’oublient pas de signaler que l’évolution des techniques informatiques risque en outre de voir le nombre d’originaux disparaître à terme et laissent donc entrevoir la rareté et donc l’appréciation des pièces acquises aujourd’hui. Les plus anciennes galeries comme Daniel Maghen ou 9e art ont constitué des collections aujourd’hui inestimables.

La ruée vers l’or est donc lancée… Pour le public, un original est certes un placement mais aussi une manière de conserver un souvenir d’une œuvre marquante à un prix souvent encore abordable. Les auteurs ont trouvé sur ce marché un complément de revenus appréciable alors que le marché de l’édition toussote et que les contrats sont de moins en moins rémunérateurs. Si certains excluent totalement de vendre leurs originaux comme Claire Bouilhac ou Uderzo, d’autres gèrent bien en travaillant la cote de leurs dessins et planches par une mise en vente très sélective tandis que d’autres, parfois dans le besoin financier, inondent le marché. Il est d’ailleurs de plus en plus courant que les auteurs vendent eux-mêmes leurs originaux comme Jean Torton dans les salons ou Éric Stalner sur son site. Enki Bilal préfère aujourd’hui utiliser les ventes aux enchères, même si pour Julia & Roem, il va précéder la vente par une tournée mondiale de ses originaux dans des galeries du monde entier.

Suite demain et conclusion après-demain...
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Photos © Manuel F. Picaud / Auracan.com
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