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lundi 29 août 2011

Sélection des BD de la semaine du 22 au 28 août 2011 (épisode 1/4)

C'était la grande semaine de la rentrée littéraire. La BD y est très en forme. Voici une première sélection des BD. J’ai en effet retenu 24 nouveautés et intégrales la semaine dernière. Il y aura donc 4 billets de présentation ! Les éditeurs sont 12 bis, Bamboo, Casterman, Dargaud, Dupuis, Futuropolis, Glénat, Le Lombard, Paquet, Sandawe et Soleil. Les 24 livres sélectionnés du 22 au 28 août 2011 ne sont pas classés comme d'habitude par date et par chronologie, mais dans l’ordre alphabétique de la chronologie de mes lectures. Comme chaque semaine les présentations sont égrainées de vidéos bandes-annonces quand elles existent, ainsi que des lecteurs des premières planches via grâce à nos partenaires digiBiDi, izneo ou Issuu.



Doppelgänger, le double maléfice - T.2 : Refoulement - de Corbeyran et Christophe Bec - Soleil - 24 août 2011 - 13,50 € Éric Corbeyran et Christophe Bec se retrouvent pour un diptyque dans un genre thriller fantastique étonnant après avoir réalisé ensemble l’album Dagan déjà chez Soleil. Quelques mois après le premier volet, ils livrent le secret de Germain dans le village familial de Terre-Clapier. Avec l'aide d'un médium, Victor Franek, il va tenter de comprendre les raisons de mystérieux événements et d'étranges rencontres. Qui est ce double qui le poursuit ? Quel est son rapport avec Nelly ? Qui est cette femme attachée à moitié nue ? Ce récit troublant et énigmatique par le scénariste du Chant des Stryges et le créateur de Sanctuaire et Prométhée se lit comme un roman photo lui assurant un côté plus réaliste. Et pourtant c'est vraiment bizarre. Les personnes cartésiennes n'accrocheront peut-être pas. Mais si vous aimez les histoires aux frontières du réel, vous serez servis ! Dommage que la mise en couleurs très sombre rajoute à l'ambiance macabre. A noter que la couverture complète parfaitement celle du T.1. Mieux vaut lire ces deux albums à la suite.



Il Pennello - récit complet - de Jean-Marie Allais (dessin); Serge Perrotin (scénario), Stéphane Heurteau (story-board), Sylvie Moureaux-Néry et David Dany (couleurs) - Sandawe - 24 août 2011 - 16,50 € - Quelques mois après l'album Maitre Corbaque, les jeunes éditions Sandawe prouvent que l'édition d'albums financés par les lecteurs - "les édinautes" - est possible. Cet album est un double récit sur la difficulté du métier d'auteur de bande dessinée. La longue histoire de l'album en est déjà un. La BD en elle-même un second. On y retrouve l'ambiance de Dorian Gray traité au futur dans un style réaliste de belle facture. On a aussi le privilège de retrouver Pelisse créer par Loisel dans La Quête de l'oiseau du temps. Un bel ouvrage aux très belles finitions est un récit complet de 86 pages, complété par un copieux dossier sur le genèse de l'album. Il suit un jeune dessinateur Anton Peralleau. Mais aucune de ses 2000 planches réalisées n'a jamais attiré un éditeur. Sauf ce matin où Comics.com, le plus grand éditeur de bande dessinée européen le convoque. La déception sera vite à son comble quand il lui est proposé de publier ses planches comme exemples de ce qu'il ne faut pas faire... Le destin de ce jeune homme persévérant malgré son peu de talent va connaître un rebondissement inattendu. Un mystérieux antiquaire William Penn va lui confier Il Pennello, un vieux pinceau de Léonard de Vinci aux pouvoirs étonnants... Avec un scénario bien construit et original, le lecteur se laisse très vite happer par ce thriller aux confins du fantastique, auquel on a envie de croire. Le dessinateur signe son premier album d'une belle facture avec l'aide de Stéphane Heurteau pour le story-board des premières 46 planches. Une très bonne surprise.







La Contessa - T.1 : Slow Play - de Didier Crisse et Herval - Drugstore - 24 août 2011 - 11,50 € Drugstore lance une nouvelle série La Contessa dont le premier tome se passe dans l'univers du poker. Après Dupuis avec Poker de Jean-Christophe Derrien et Simon Van Liemt ou Jungle avec Poker face d'Érik Arnoux et Jean-Louis Fonteneau, c'est donc le 3e groupe de BD à prendre pour sujet principal ce jeu de cartes qui passionnent des millions de joueurs dans le monde - plus de 10 millions aux États-Unis, plus de 1,3 millions en France, Allemagne ou Royaume-Uni. Avec la légalisation du poker en ligne, il était logique de voir cette passion du bluff se développer encore et inspirer le 9e art. Certes le thème de cet épisode est le poker, mais le sujet principal est Le Casse à la manière de la série éponyme créée par David Chauvel chez Delcourt. L'héroïne est certes une vraie comtesse italienne, mais aussi une ravissante voleuse. Sophia Di Giovanni est peut-être encore plus douée que Lady S. pour les cambrioles en tout genre. Et plutôt que de laisser sa carte de visite à la manière d'Arsène Lupin, elle laisse à la place de son larcin, un flacon de parfum à sa marque. Elle se retrouve sur un yacht de luxe où les meilleurs joueurs du monde se retrouvent pour une compétition de poker et convoitent une mise colossale de 15 millions de dollars. Est-elle là pour profiter de la croisière ou se jouer de toute les règles de sécurité et dérober ce fabuleux butin ? Pas sûr qu'elle ne soit la seule à avoir cette idée...Va-t-elle faire équipe avec M. Viperberg, alias Snake, le Danseur et quelques autres malfrats ? Assurément, les braqueurs auront maille à partir avec l'inspecteur Mac Lackland qui veille sur le trésor. Après deux tomes de Tiffany avec Yann chez Delcourt, Herval revient donc chez Drugstore avec cette nouvelle série, pleine d'humour et de glamour. Amateur de Pin-up, le dessinateur au trait très fin et aux couleurs informatiques en aplats maîtrisées a de quoi se régaler. Il donne forme à cette aventure autour d'un personnage particulièrement attachant au minois rappelant une présentatrice du journal de 20 heures de Tf1. Il a travaillé sur un script dessiné de Didier Crisse. L'auteur d'Antalante ou Kookaburra abandonne momentanément ses crayons et ses séries d'heroic fantasy chez Soleil. Il propose cette histoire contemporaine qui ne cache pas son inspiration de films comme Haute Voltige, L'Arnaque ou Ocean's 11. Mais on y retrouve aussi l'ambiance de La Croisière s'amuse. Avec une fin pleine de surprise bien amenée. En fait, ce premier album, histoire complète, réunit les ingrédients d'une série populaire pour un bon moment de plaisir.



Le Royaume de Borée - T.1 - d'après Jean Raspail par Jacques Terpant - Delcourt - 24 août 2011 - 13,95 € - Entre Jacques Terpant et Jean Raspail, c'est une histoire d'amitié, de confiance et de respect mutuels. Après avoir convaincu le romancier d'adapter en trois albums son roman Sept cavaliers quittèrent la ville au crépuscule par la porte de l'Ouest qui n'était plus gardée, il poursuit toujours chez Delcourt la saga des Pikkendorff en adaptant en 4 tomes les Royaumes de Borée, paru dix ans après en 2003. Quatre albums pour quatre époques et quatre générations. Le premier album fixe le cadre, et on découvre le jeune officier ambitieux, le compte Oktavius de Pikkendorff, qui demande au son affectation aux confins de ce Royaume (imaginaire), à Ragen, le plus loin à l'Est. L'occasion est trop belle pour s'aventurer au-delà des frontières et découvrir ce qui se cache dans ces grands espaces inexplorés - appelés la Borée. Le récit est conté de nos jours par Hans Kleinkrutzwald, professeur à la chaire d'ethnologie comparée de l'université de Hambourg, que l'on retrouve régulièrement tout au long de l'album. Cette nouvelle plongée dans l'univers de Raspail est joliment interprétée par Jacques Terpant, décidément très à l'aise avec ses personnages très habités et des décors naturels somptueux. Cette nouvelle série est à la fois un voyage au travers de 350 années d'Histoire dans un pays imaginaire, un récit d'aventures humaines, une enquête sur des traces de vie en Borée, une histoire d'amour contrariée, avec un brin de fantastique, mais surtout des destinées humaines étudiées en profondeur. L'auteur évoque les pogroms et la chasse des juifs comme boucs-émissaires. Autant dire que - comme toujours chez Raspail - il y a du premier degré mais aussi des interprétations plus subtiles. L'album se lit comme une histoire complète au milieu du XVIIe siècle et se poursuivra au début du XVIIIe siècle, puis avec la campagne de Russie de Napoléon, le déferlement soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'en 2002. Un vrai coup de cœur !

Sparte - T.1 : Ne jamais demander grâce - de Christophe Simon et Patrick Weber - Le Lombard - 26 août 2011 - 11,95 € - Le Lombard renoue de plus en plus sur les séries historiques. Christophe Simon y retrouve son pétillant complice Patrick Weber, scénariste, journaliste et historien, passé lui aussi par l'univers Martin. Cette première BD de Christophe Simon en dehors de la collection Jacques Martin met à l'honneur quelques mois après la relance d'Orion par Marc Jailloux, la Grèce antique. Du côté, non pas de la Cité d'Athènes, mais de la ville rivale Sparte. Le récit se déroule au deuxième siècle avant Jésus-Christ principalement à Sparte. La ville est dirigée par le Basileus (roi) Nabis. Le tyran engage le meilleur chasseur de prime de la cité, Diodore pour lui ramener Agesilas. Ce spartiate s'est en effet érigé en sorte de Zorro et combat la corruption par des moyens radicaux. La liquidation d'Hector est la goutte de trop que le despote machiavélique ne peut tolérer davantage. Diodore va tenter d'attirer sa proie dans un piège. Mais il n'est pas au bout de ses surprises et pendant ce temps, le secret qu'il garde jalousement pourrait bien être percé... Le scénariste fait particulièrement bien revivre l'esprit et la structure sociale spartiate. Derrière la mission se cachent des intrigues intéressantes au cœur du pouvoir où la véritable identité des personnages occupe une importance primordiale. Au dessin et aux couleurs Christophe Simon a modernisé le style Martin en insistant sur le jeu d'acteurs au centre de cette intrigue très humaine. Les éléments d'une série aux rebondissements multiples sont posés pour une série antique originale et prometteuse.



Vents contraires - T.2 : Moissons rouges - de Régis Hautière (scénario), Ullcer (dessin) et Jérôme Brizard (couleurs) - Delcourt, collection Machination - 24 août 2011 - 13,95 €. S'il fallait que preuve que Régis Hautière est devenu un auteur grand public, ce diptyque en serait un très bel exemple. Le premier volet voyait le héros Yvon Lebihan, un ancien soldat reconverti dans les documentaires animaliers, confronté à un cauchemar sanglant. Ce second volet - comprenant les chapitres 3 à 5 - lève le voile sur l'Affaire qui sous-tend une succession de meurtres, "suicides" et explosions diverses. Le simple polar prend une dimension économique et écologique astucieuse. Les ingrédients sont tellement bien disséminés que le lecteur ne se laisse pas totalement surprendre par les rebondissements. Mais c'est tellement bien ficelé qu'on ne peut que saluer l'artiste. Quant au dessin aux personnages semi-réalistes, on apprécie les plans très dynamiques et cinématographiques de la construction, sans oublier d'une élégante sobriété. Pour les amateurs de bons polars sur de sales affaires très crédibles.



Les albums sont toujours annoncés sous réserve. Retrouvez sur la colonne de gauche les prochaines sorties qui sont mises à jour très régulièrement car les dates de sortie évoluent malheureusement souvent. Cette rubrique est normalement publiée chaque début de semaine pour vous permettre de préparer la semaine ! Vous pouvez aussi vous procurer directement les albums en suivant les liens ci-dessous.
6.2.1 NOUVEAUTES                                               LIVRES 2.6 Livres                          120x60                      - 2
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