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mardi 13 septembre 2011

Collection BD Calandre : rencontre avec Olivier Marin (épisode 5)

Cela pourrait ressembler à un conte. Fan de la Ligne claire d’Hergé, Jacobs et Bob De Moor, Olivier Marin est depuis toujours passionné de bande dessinée et s’adonne comme dessinateur totalement autodidacte à cet art. Voir son premier album dessiné Michelle publié chez Paquet est déjà une grande joie pour le jeune homme dont le destin dans sa région bressanne devait le conduire plutôt à l’usine. Alors, devenir auteur complet de bande dessinée dès son second album est vraiment une chance incroyable qui se savoure. Se voir proposer par son éditeur de devenir dans la foulée directeur de collection est une récompense à laquelle il ne s’attendait pas. Pierre Paquet a compris son potentiel et a choisi de le fidéliser. Interview portrait.

Racontez nous votre passion pour les voitures anciennes...
J’ai toujours baigné dans l’atmosphère de l’automobile ancienne avec mon père. C’était plus qu’une passion chez lui, mais plutôt un art de vivre… Par la suite, j’ai possédé une traction, une DS et une MGB. Aujourd’hui je n’en ai plus, mais ce n’est que partie remise. Je suis en quête d’une 2CV ou d’une Ami 6.

Pourquoi un tel attachement à la marque Citroën ?
Pendant mon enfance, mon père a beaucoup roulé en Citroën. Je pense que cette nostalgie entretient une partie de ma passion pour cette marque. Mais ce n'est pas ma seule motivation, Citroën a toujours innové, été à la pointe par rapport à ses concurrents tant au niveau technologique qu'en matière de design, et cela m’a toujours fait rêver.

Avez-vous imaginé dès le début une série autour de Margot avec un cycle Citroën?
Le Mystère de la Traction 22 ne devait être qu’un one-shot. Le livre a tout de suite fonctionné dans les librairies et Pierre Paquet a proposé de continuer. Ainsi sont nées « Les enquêtes auto de Margot ».

Quelle personnalité avez-vous voulu donner à votre héroïne Margot ?
Margot est la femme moderne des années 60. Elle est un peu en avance sur son temps et sur cette décennie où la société a évolué à vitesse grand V.

N'y t-il pas une certaine évolution dans le T.2 ?
Il y a un changement de ton dont je ne suis pas à l’origine. J’ai créé une série grand public et je voulais qu’elle reste comme cela. Dans 2CV pour une égérie, on retrouve le même esprit que dans le premier tome.

Pourquoi votre association avec Métapat pour le scénario du T.2 ?
A la suite de la sortie de la Traction 22, Metapat m’a proposé de me donner un petit coup de main pour démarrer le tome 2 car j’étais très pris sur la promo.

Mais vous n’avez pas continué ensemble…
Il m’a entraîné dans une voie qui n’était pas conforme à l’idée que je me faisais de la série et j’ai préféré ne pas poursuivre la collaboration avec lui. La réalisation de cet album a été compliquée. Multiplier les intervenants sur un projet nuit à l’avancée de celui-ci et on a terminé cet ouvrage avec 3 mois de retard… J’avais le sentiment d’être dépossédé de ma propre série.

Cela eut aussi des répercussions sur le dessin avec le départ d’Emilio Van Der Zuiden après le T.2…
Emilio m’avait toujours dit qu’il ne ferait pas 10 tomes de Margot car il avait de nombreux projets personnels en tête et souhaitait retravailler seul. J’aurais aimé comme mon éditeur qu’il termine la trilogie Bertoni. Callixte, le coloriste a proposé tout naturellement ses services et a ainsi réalisé le dessin de la dernière page du tome 2 pour débuter dans la reprise de la série.

Après le cycle Citroën, le T.4 va-t-il inaugurer un nouveau cycle sur les voitures italiennes ou étrangères ?
Avec Callixte, on attaque maintenant un nouveau cycle de trois tomes où l’action ne se passera pas en France. L'histoire commence par le voyage de noces de Margot en Italie.


Comment s'est créée la collection Calandre ?
En décembre 2008, quand j’ai parlé la toute première fois de la Traction 22 à Pierre Paquet, il a été tout de suite emballé. Cela lui permettait de faire une incursion dans la BD automobile et si le résultat était concluant de créer une collection dans le sillage de Cockpit. La collection a officiellement vu le jour à la rentrée 2009.

Et vous en avez pris la direction…
J’ai été nommé co-directeur avec Métapat dès le début de la collection. Un temps, il a repris seul les rênes, puis Pierre Paquet m’a demandé de revenir et de la gérer, au départ de Metapat.

Comment voyez-vous votre nouveau rôle ?
Je vois mon rôle plutôt dans l’esprit de ce que fait Romain Hugault avec Cockpit. Donner un avis sur les projets qui arrivent mais aussi être à l’initiative de nouveaux albums. L’important pour moi ne sera pas la quantité mais la qualité des projets proposés afin que les lecteurs sentent la passion de l’automobile dans tous les ouvrages qui sortiront. Mon objectif est également de diversifier les styles graphiques.

Quels sont les projets que vous avez initiés ?
J’ai notamment été à l’origine des Filles de l’oncle Bob, d’Eté indien pour la mini, de Félix dans le rétro. A Retromobile 2010, j’ai rencontré par hasard Bob Neyret avec Metapat. A Epoqu’auto 2010 à Lyon, j’ai rencontré le président de la FFVE qui m’a dit qu’il cherchait une façon d’intéresser les jeunes à l’automobile ancienne. Il avait constaté que la jeunesse qui ne regardait pas le journal LVA (La Vie de l’Auto) de leur père s’était mise à le lire grâce à la publication de la Traction 22. On s’est alors dit que la BD pouvait être un merveilleux outil de communication pour toucher les plus jeunes. Au festival de Buc en 2009, Régric m’a dit qu’il faisait un Lefranc tous les 3 ans et qu’il cherchait à réaliser un autre album entre deux. Comme j’adore son style graphique, je lui ai proposé de faire un histoire avec la mini. Il en possède une et a été tout de suite emballé.

A suivre…

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Propos recueillis par Manuel F. Picaud en août 2011
Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation préalable
© Manuel F. Picaud / Auracan.com - bd75011.blogspot.com
Illustrations © Olivier Marin, Callixte, Régric, Lebrun/Saez / Paquet, collection Paquet
Photo Olivier Marin au Grand Palais © Manuel F. Picaud
Photo Olivier Marin avec son dernie album © D.R.
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