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dimanche 2 octobre 2011

FIBDA 2011 : 4e Festival International de Bande Dessinée d’Alger

La 4e édition du Festival International de Bande Dessinée d’Alger se tient dans la capitale algérienne du mardi 4 au samedi 8 octobre 2011. Placée sous le signe du comics mais conservant toute sa diversité, cette vitrine de la BD aux portes de l’Afrique devrait se tenir cette année sous un soleil éblouissant. En cette année charnière pour le Maghreb, après le "Printemps arabe", Alger entend bien poursuivre son ouverture sur le 9e art. Présentation avant un reportage en direct tout au long de la semaine.

Créé en 2007
, le Festival International de Bande Dessinée d’Alger est soutenu par le Ministère de la Culture algérien et animé par une rare éditrice algérienne de BD, Dalila Nadjem et une grande équipe. Il s’est positionné comme un pont entre la BD africaine et européenne. Mais l’édition 2011 devrait mettre encore plus en avant le comics, sans renier ses relations privilégiées avec la France et la Belgique. Le festival a noué des relations particulières avec des personnalités du 9e art qui lui ont permis de se développer rapidement et de proposer un programme complet digne d’un véritable festival. En particulier la Français Francis Groux, fondateur du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême qui va obtenir en 2011 le prix d’honneur FIBDA 2011 et aura son exposition sur « Les gens du voyage ». Et aussi Etienne Schréder qui anime depuis le démarrage une école de jeunes talents en Algérie et à Cuba.

Le festival distribuera comme chaque année ses prix lors d’une soirée de clôture. L’an passé, Maximilien Le Roy avait obtenu un Prix du meilleur album étranger pour son roman graphique Faire le Mur. Le jeune auteur de 26 ans présentera son nouvel album Dans la nuit la Liberté nous écoute dans le cadre d’une exposition spéciale. Cette année sera aussi remis un Prix patrimoine à titre posthume à Brahim Guerroui, auteur de bande dessinée et caricaturiste mort assassiné le 4 septembre 1995.

Le festival accueille de nombreux auteurs des quatre coins du monde et peut s’honorer de rassembler des invités de 34 nationalités, de tous les genres, styles et génération. Parmi les invités d’honneur figurent le belge François Schuiten et son complice Benoît Peeters qui inaugureront une exposition « Voyages en Terres Obscures » et animeront une conférence dont ils ont le secret. Les invités viennent d’Algérie, plus largement d’Afrique et du Moyen-Orient (Bénin, Burkina-Faso, Cameroun, Congo-Brazzaville, Côte d'Ivoire, Djibouti, Égypte, Gabon, Liban, Mali, Maroc, Nigéria, Palestine, R.D.C, Togo, Tunisie) bien sûr. Mais l’Asie est aussi représentée par Taiwan, l’Amérique par l’Argentine, le Brésil, Cuba, le Canada et les Etats-Unis. Enfin l’Europe affiche l’Allemagne, l’Argentine, l’Arménie, l’Autriche, la Belgique, la Bosnie, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, la Russie, la Serbie, la Suisse, et la Turquie. Parmi eux une vingtaine d'auteurs de pointure internationale comme Christian Lax, Jacques Ferrandez, Serge Carrère ou José Munoz, C’est une rare occasion pour les invités de croiser pendant quelques jours non seulement un public inhabituel, mais aussi de nouer des contacts et découvrir des auteurs méconnus ou inaccessibles autrement. Le festival laisse assez d’espace et de liberté pour échanger, dans le cadre formel d’ateliers, de conférences-débats ou informel.

Dans son programme, le festival prévoit des expositions comme « Le bon génie » du dessinateur de presse et auteur de bande dessinée algérien Mahfoud Aïder, pionnier de la 1ère revue de bande dessinée algérienne : journal de M’quidech en 1968 et une exposition « Comics Country Switzerland » ou encore « Comme un goût de safran » du belge Claude Renard et « Les passants » de Brahim Rais. Enfin, chaque année, l’événement donne une large place aux jeunes talents dont il encourage la création et l’épanouissement professionnel avec des prix, des ateliers et une exposition dédiée. A noter aussi des espaces libres laissés à la disposition du public qui donnera libre cours à son inspiration graphique tout au long du festival. Reste l’inconnue : quelle place aura le comics mis à l’honneur dans cette édition mise à part une conférence sur Marvel ?

Outre la conférence sur l’immense saga Les Cités obscures éditée par Casterman, Benoît Peeters propose de redécouvrir le XXème siècle au travers du jeune reporter Tintin créé par Hergé dont il est l’un des plus illustres biographes et spécialistes. Il participera aussi à un débat sur « Alger, Cuba... Les bandes dessinées (re)naissantes » en compagnie d’Etienne Schréder, Duchy Man Valdera, François Schuiten. Le programme des conférences 2011 a été particulièrement soigné avec encore un débat sur l’édition avec l’éditeur Reynold Leclercq, encore Benoît Peeters ainsi que Thierry Bellefroid. Ce dernier, fort de son expérience de l’album Féroces Tropiques paru chez Dupuis et dessiné par Joe G. Pinelli s’interroge sur la manière d’accréditer l’existence d’un personnage imaginaire. Cette liste est clôturée par une intervention du scénariste Pascal Génot sur la représentation de l’Autre et de l’Ailleurs en BD et par l’exposé d’Hilaire Mbiye sur « le rôle de la BD dans l’avènement de la paix et de la réconciliation en Afrique. » Les organisateurs ont vraiment élaboré un cycle de haut niveau. Enfin Paul Gravett proposera aux étudiants des Beaux Arts les nouvelles techniques de bande dessinée du 21e siècle. Il y aura aussi des tables-rondes sur deux thématiques intéressantes : d'un côté « Musées : de la BD en conserve ? » et de l'autre « Fêter la BD, sacerdoce ou business ? »

Pour la réussite d'un festival, il y a aussi des projections de films, des séances de dédicaces, un concert de jazz et des cérémonies. De quoi faire de cette semaine une vraie fête de la BD. Installée sur les hauteurs d’Alger, malheureusement excentrée des quartiers les plus fréquentés, la manifestation occupe la dalle d’un grand centre commercial dont on attend toujours la réhabilitation. Elle s’est déjà hissée au sommet des festivals spécialisés en Afrique et donne une occasion unique de promouvoir un médium d’expression très populaire. Dans un pays où la population aspire toujours à plus de liberté, elle offre un cadre véritablement progressiste à encourager.
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Photos de l’édition 2010 © Manuel F. Picaud

Festival international de Bande dessinée d'Alger -
www.bdalger.net -
du 5 au 8 octobre 2011 - Riadh el Feth - Alger - entrée libre
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