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samedi 14 janvier 2012

Rééditions 2012 des séries BD : Alix, Astérix, Rahan et XIII

Selon le rapport annuel de Gilles Ratier, secrétaire général de l'Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée (ACBD), les rééditions d'albums de bande dessinée représentent 20 % des parutions de l'année 2011 et progressent de 8% par rapport à 2010. Quelques groupes en particulier Hachette ou des groupes de presse jouent un rôle prépondérant dans cette évolution. Pour 2012, ce secteur patrimonial reste bien soutenu. La preuve avec les premières nouveautés de janvier et février 2012 destinées au marché français ou belge.
  • Alix : en novembre dernier, Casterman célébrait les 30 albums d'Alix, la série emblématique de Jacques Martin. Les 30 albums sont réédités par Hachette Collections avec des annexes  rédactionnelles en fin de chaque album, fort peu originales et dotées de visuels de piètre qualité, rédigées par Élisabeth Paulin et Frédéric Ploton, auteur touche-à-tout du roman à l'essai, en nom propre ou pour le compte d'autres. Après des tarifs d'appel, chaque album coûte 7,99 € frais de port compris, soit la collection des 30 albums pour 221.71 €, soit une réduction de 32% par rapport au prix de l'album chez Casterman. Mais pour ce prix, les abonnés bénéficient en outre de quelques cadeaux, dont une réédition - qui n'existait pas - des 4 albums de la série Orion, d'un tiré à part Alix et un petit buste d’Alix (peu ressemblant) de 14 cm de haut. Au final, la collection fera une belle acquisition pour ceux qui n'auraient pas l'ensemble des titres et qui acceptent de ne pas se limiter à la meilleure période de Jacques Martin. En 60 ans, la série a déjà été vendue à plus de 15 millions d'exemplaires.


  • Astérix : Après les voitures et engins fantastiques de Blake et Mortimer, tous les albums des séries Les Tuniques bleues et Lucky Luke (collections agrémentées de dossiers signés Brieg F. Haslé), ou la maquette de La Licorne de Tintin, les éditions Hachette Collections se lance dans un autre grand classique de l'humour, Astérix, avec un ensemble de figurines de l'ensemble des personnages de la série. Chaque quinzaine (pendant au moins 17 mois en fonction du succès de l'opération) sera proposé un protagoniste au format de 15-20 cm environ avec un livret éditorial et illustré. Les textes des livrets sont signés Kid Toussaint et Thierry Lemaire pour ce qui des personnages, tandis que Brieg F. Haslé, secondé par Stan Barets et Alain Duchêne, brosse la vie d'Albert Uderzo et de René Goscinny. Il ne s'agit donc pas de l'intégrale des albums dont Hachette a pourtant acquis tous les droits. Il faut pouvoir engager une petite fortune pour se procurer cet ensemble doté de quelques cadeaux comme deux serre-livres César et Cléopâtre, ou deux mugs... Le prix n'est pas neutre à raison de 31,98 € l'envoi mensuel de deux figurines et livrets, mis à part les 3 premiers "offerts" pour 20,98 €. Pour 34 numéros cela revient à 1.012,36 €. Même si c'est bien moins cher que les bijoux proposés par Attakus, ce n'est pas pour tous les budgets. L'autre souci est la logistique Hachette qui n'est pas des plus performantes (pour l'avoir testée), heureusement compensée par un service après-vente assez efficace.




  • Rahan : Soleil avait déjà réédité une copieuse intégrale des aventures du plus célèbre des héros préhistoriques habillé d'un simple pagne avec son couteau mythique. Le magazine L’Équipe qui entend intensifier les incursions de la BD dans son journal avec des prépublications hebdomadaires lance avec le géant espagnol Editorial Planeta deAgostini (macollection.fr) la réédition collector des intégrales de Rahan. Après 3 numéros à tarif préférentiel, chaque album revient à 8,49 € frais de port inclus, soit au total pour les 65 numéros prévus un prix de 533,36 € l'ensemble y compris les 3 tirages à part inédits d'André Chéret et une figurine de Rahan... La collection complète revient à 8,20 € le numéro. A noter que les 25 intégrales de Rahan (160 pages par volume) par Soleil (de la création à 2000) coûtent 437,50 €. Il n'a pas été possible de savoir si la nouvelle collection prévoit d'inclure les 10 albums parus depuis 2000. Quel dommage également que cette réédition ne s'accompagne d'aucun contenu éditorial sur la série, ses auteurs et ses secrets de fabrication. Elle aurait alors eu un réel apport complémentaire.
  • XIII : Après la sortie du T.20 de la série sur le plus connu des amnésiques de la bande dessinée, le journal Le Soir propose une luxueuse collection enrichie des albums de la série. En 2010, le Figaro avait déjà distribué avec son édition du week-end les 20 albums incluant XIII Mystery. Les résultats commerciaux de la précédente tentative n'aurait d'ailleurs pas atteint les objectifs. Scoop de ce blog : l'opération Le Soir débutera le 10 février. Chaque vendredi, le quotidien belge de référence proposera d'ajouter au prix du journal la somme de 12,90 € pour obtenir un double album édition spéciale de XIII avec un supplément de 8 pages écrites par le spécialiste maison de la bande dessiné, Daniel Couvreur. Durant 9 semaines, les lecteurs du Soir pourront donc se procurer l'intégralité des 18 albums de XIII de Vance, Van Hamme et Giraud, mais donc ni la série dérivée XIII Mystery, ni le T.20 signé par Yves Sente et Iouri Jigounov, ni le T.13.
Avec l'importance du patrimoine de la bande dessinée belge, ces rééditions et produits dérivés risquent bien de perdurer et même de se développer. Il faut bien admettre que les lecteurs, souvent déconcertés par la frénésie éditoriale, se rebattent sur les valeurs sures avec une certaine nostalgie. Ces opérations commerciales bénéficient en fait d'un appel au très large public par des campagnes publicitaires parfois télévisées (Les Tuniques bleues, Astérix, la grande galerie des personnages...) qui permettent d'élargir la demande. Les auteurs touchent leur part habituelle de leurs droits d'auteurs calculés sur le nombre d'albums et non le prix. Les perdants sont en revanche les libraires, de plus en plus concurrencés par les kiosques à journaux. Leur métier ressemble d'ailleurs de plus en plus à ce métier là, avec un fonds qui s'étiole pour se concentrer sur le flux de nouveautés.
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