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lundi 13 août 2012

Album BD : Chimère(s) de Pelinq, Melanÿm et Vincent


Les dessous des grands travaux de la IIIe République

Il n'est plus rare que la BD s'attaque au sujet de la prostitution féminine. En 2011, Matthias Piccard signait ainsi à L'Association Jeanine les confidences d'une péripatéticienne de soixante ans, sa voisine, qu'il a rencontrée lors de son passage aux Arts décos à Strasbourg. En 1996, après le sida et Jo, Derib s'attaquait à ce thème dans une même veine pédagogique en racontant l'histoire de l'adolescente Sandra, traquée par un réseau de prostitution, dans Pour toi Sandra. On pourrait citer Miss Pas Touche dans les bordels des années 30 ou de nombreux polars comme l'Orfèvre sur la traite des blanches, ou plus récemment au Lombard la série Rani d'Alcante, Jean Van Hamme et où l'héroïne va se retrouver condamnée (provisoirement) à servir dans une maison de plaisir aux Indes et le diptyque La Fille de Paname de Laurent Galandon et Kas. Après s'être attaqué à la gastronomie (Lord of Burger) déjà chez Glénat, Arleston, de son vrai nom Christophe Pelinq, pilier des éditions Soleil, aborde à son tour à ce sujet en s'intéressant à la fin du 19ème siècle à Paris.

Cela commence comme Les Misérables ou Cendrillon avec une gamine orpheline exploitée par sa famille d'hôtes. A 13 ans, Chimère est vendue à une maison close parisienne dirigée par Gisèle, ancienne reine des planches de la capitale. Non seulement la jeune femme qu'on devine brillante accepte son sort, mais malgré les jalousies, parvient à se faire une place de choix dans ce harem des temps modernes à disposition d'une clientèle des plus huppées venant s'encanailler. Mais en cette année 1887 où se construit la Tour Eiffel s'affrontent en coulisses de gros intérêts financiers autour du Canal de Panama. Et entre Américains et Ferdinand de Lesseps, tous les coups semblent permis...

Prévue en six épisodes, cette série commencée à l'automne 2011 est réalisée par un dessinateur particulièrement à l'aise avec la gente féminine, mais ne rechignant jamais sur la reconstitution de jolis décors. Le dessin sucré semi-réaliste de Vincent, habilement mis en couleurs par Piero, rappelle ses précédentes réalisations telles Albatros ou L’École Capucine, également éditées chez Glénat. La luxuriance de son coup de crayon accompagne l'univers de luxure dépeint par le couple de scénaristes. L'intrigue riche et rondement menée s'intéresse autant à Chimère, qu'à sa maquerelle, mais aussi aux hommes d'affaires et politiques les fréquentant ou même quelques artistes célèbres tels Guy de Maupassant. Elle permet de brosser une époque en grand chamboulement à la fois du côté de l'Histoire que de la petite porte.

Une série à la recherche de chimères pleine de fraicheur et joliment interprétée .


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Chimère(s) 1887 – T.1 : La Perle pourpre - de Melanÿn et Christophe Pelinq, alias Arleston (scénario), Vincent - vincent-bd.com (dessin) et Piero (couleurs) – Glénat, collection Grafica – 7 septembre 2011 -13,90 €

 

Chimère(s) 1887 – T.2 : Dentelles écarlates – de Melanÿn et Christophe Pelinq, alias Arleston (scénario), Vincent - vincent-bd.com (dessin) et Piero (couleurs) – Glénat, collection Grafica – 6 juin 2012 -13,90 €

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