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vendredi 16 novembre 2012

Edition BD : succession ouverte chez Casterman

Le 8 novembre dernier, Louis Delas, directeur général des éditions Casterman depuis 1999 a présenté sa démission à la presque surprise générale. L'émoi s'est fait aussitôt sentir tant auprès de ses collaborateurs que des auteurs de la Maison aux titres aussi emblématiques que Tintin, Corto Maltese, Alix, Nikopol, Les Cités obscures ou Martine. Né en 1961, le gestionnaire de Casterman, Fluide Glacial, Flammarion Jeunesse et Père Castor avait su marquer son empreinte jusqu'à faire du spécialiste jeunesse et bande dessinée l'une des pépites du groupe Flammarion. Après le rachat de cette filiale de RCS Media Group par Gallimard, diverses rumeurs ont circulé, notamment en raison de maladresses d'Antoine Gallimard, le PDG de Gallimard. Il était question de la revente du pôle BD pour financer une partie de l'acquisition. Or, Louis Delas a proposé une alliance entre Casterman et l’École des Loisirs, maison de littérature jeunesse créée par son arrière grand-père. Devant le refus de son nouveau PDG et en raison de la future retraite de son père qui dirige l’École des Loisirs, il a pris la décision de rejoindre le groupe familial en janvier 2013.

Le 15 novembre, le conseil d'administration de Casterman s'est réuni pour acter la démission de son dirigeant qui avait été annoncée par un communiqué laconique la semaine passée, saluant tout de même « le travail accompli » du démissionnaire. Dans un nouveau communiqué, Casterman entend rassurer. La présidente Teresa Cremisi et Charlotte Gallimard assureront la transition jusqu'au recrutement d'un nouveau DG et ouvriront une période de dialogue pour tenter de désamorcer les « inquiétudes manifestées par les auteurs de Casterman. » Par ailleurs, un démenti plus formel est apporté à la revente de ce secteur : « le Conseil de Casterman, les représentants du groupe Gallimard et de Flammarion, ont réitéré l’attachement aux activités de Bandes dessinées et d’édition de Jeunesse du groupe et ont ainsi confirmé qu’il n’existait aucune intention de vendre Casterman.» Évidemment cela vaut pour aujourd'hui, mais le communiqué insiste « la volonté unanime des administrateurs de développer le catalogue en portant une attention particulière à ses auteurs, dans le respect de l’identité de Casterman et dans la continuité du travail d’ores et déjà accompli par ses équipes. »

Equipe Casterman lors du lancement de la Douce de François Schuiten
à Bruxelles en 2012 © Manuel F. Picaud / Auracan.com



Assurément, Antoine Gallimard qui était parti au large le mois dernier ne s'attendait pas à cette réaction et a sans doute sous-estimé le poids d'un homme intelligent, habile, charmeur, mais aussi redoutable en affaires, tout en étant profondément humain et attentionné auprès de ses équipes et interlocuteurs, notamment les journalistes. Il manquera dans le décor du neuvième art. Mais il n'est pas dit qu'il n'y revienne pas un jour. En tout cas, la course au successeur est ouverte. Dans un marché tendu, des candidats à la hauteur du défi seront-ils nombreux ? A suivre...
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